Publié le 7 juin 2020 - par

Boot du Raspberry Pi 4 sur un disque SSD en USB3

Une autre des amélioration attendue pour le Raspberry Pi 4 est arrivée : Le Boot USB ! Le développement a pris du temps car le Raspberry Pi 4 inaugurait un nouveau modèle de boot, via une EEPROM embarquée sur la carte. Cette possibilité est encore expérimentale mais fonctionne. Voici comment l’installer.

Boot USB3 avec le Raspberry Pi 4

Cliquez pour des explications sur les niveaux

L’annonce par la Fondation

A la mi-mai, la Fondation Raspberry Pi publiait sur son blog une page consacrée à bcm2711_bootloader_config, le bootloader de la carte Raspberry Pi.

La commande vcgencmd bootloader_config affiche les options de boot dont vous trouverez la description en détail sur la page du blog. Le résultat (avec le boot USB activé) est celui-ci :

L’ordre de boot : BOOT_ORDER contient par 0xf41  (c’est en hexadécimal)  et indique que le boot commence par la carte SD puis passe au port USB si la carte n’est pas trouvée.

BOOT_ORDER

Voici les autres codes : La propriété BOOT_ORDER définit la séquence pour les différents modes de démarrage. Jusqu’à 8 chiffres peuvent être définis dans la séquence de boot.

0x0 – NONE (arrêt avec motif d’erreur)
0x1 – CARTE SD
0x2 – RÉSEAU
0x3 – USB device boot usbboot – Module CMx uniquement.
0x4 – Démarrage sur stockage de masse USB
0xf – RESTART (boucle) – recommencer avec le premier champ dans l’ordre de démarrage.

On lit de droite à gauche. Ici on a f41 => Boot Carte SD, si pas de carte SD Boot sur USB si pas d’USB on recommence au début (f).

Si on avait 0xf21 => SD carte – Si absente : Démarrage réseau (Boot PXE) puis (c’est ce qu’il y a par défaut actuellement)

Une version béta !

Version béta !!
C’EST UN LOGICIEL DE QUALITÉ BÊTA. Il est fort probable qu’il y ait encore des bugs, des défaillances, et des erreurs dans la documentation. Si vous êtes un débutant de Raspberry Pi, je vous conseille de NE PAS utiliser les fonctions de démarrage USB – utilisez des cartes SD – elles fonctionneront parfaitement pour vous comme elles le font depuis 8 ans pour la majorité des utilisateurs.

La procédure ci-dessous fonctionne au moment de l’écriture de cet article. Prenez soin de vérifier où en est la gestion du boot USB quand vous réaliserez cette manip. Dans le futur la version beta va laisser la place à une version stable qui sera intégrée dans le système et ne nécessitera plus ces manipulations.

La documentation et les instructions de configuration se trouvent sur la page de configuration du bootloader, déjà mentionnée précédemment : veuillez la lire. Inutile de me contacter si ça ne fonctionne pas ou pas bien… La réponse sera : “C’est une version béta“…
De même si vous n’êtes pas encore à l’aise avec les mises à jour manuelles du micrologiciel, il vaut mieux attendre qu’il soit disponible dans une version standard de Raspberry Pi OS. Ce ne sera pas très long ! Une modification de raspi-config est en cours pour vous permettre de faire le choix de l’ordre de boot via un menu 🙂

Comment ça se passe aujourd’hui ?

Il vous faut un lecteur de carte USB pour créer la carte micro SD.

  • Gravez Raspberry Pi OS sur une carte SD en utilisant Raspberry Pi Imager.
  • Exécutez rpi-update
  • Sélectionnez le bootloader en version béta et utilisez rpi-eeprom-update -d -f pour le mettre à jour (les nouveaux paramètres de configuration sont nécessaires)
  • Redémarrez l’OS pour mettre à jour le chargeur de démarrage
  • Éjectez la carte SD et démarrez en utilisant une mémoire USB au lieu de démarrer directement la carte SD.

Vous pouvez utiliser la carte SD sur un lecteur de carte SD USB. Mais ce genre de lecteur donne généralement de moins bonnes performances que le démarrage direct à partir de la carte. Après, c’est un test rapide et utile pour vérifier que ça fonctionne.

Un lecteur SSD

Tant qu’à se passer de la carte micro SD, autant passer à l’étape suivante, c’est à dire remplacer la carte micro SD par un disque dur SSD connecté à un port USB3 !

Pour les tests j’ai choisi du matériel pas cher dont je vous donne les liens, mais je n’ai pas d’affiliation avec ebay ou Amazon et si vous l’achetez je ne toucherai pas d’euros en retour ! Et vous pouvez les trouver ailleurs.

Le support de carte SSD

Dans un premier temps j’avais trouvé ce modèle pour 9$ sur ebay. Mais je ne sais pas comment c’est chez vous, mais ici le bureau … comment dire ? Il est un peu en bazar et ce ne sont pas les trucs en métal qui manquent (je vous mets une photo que je viens de faire ci-dessous et là je trouve que c’est rangé 😉 ). On y trouve des outils, des fils Dupont, des cartes plus ou moins nues… Enfin, vous voyez…

 

et on ne rigole pas…

Du coup je me suis dit qu’un lecteur de SSD nu c’était peut être pas l’idée du siècle et que pour éviter de griller le SSD il faudrait que je fasse un boîtier en impression 3D.  Pas que ça me dérange mais j’ai plein d’autres choses à faire… Quelques recherches plus loin, j’ai trouvé ce modèle chez Amazon pour 20€. Livré avec un câble USB-C vers USB 3, muni d’un radiateur pour dissiper le chaleur du SSD. Plus cher mais je me sentirai plus en sécurité (le SSD aussi).

Ce boîtier peut recevoir un SSD M.2 NGFF. Il connecte un SSD externe au Raspberry Pi via une prise USB A (3.0 ou 2.0) et supporte un SSD avec une capacité allant jusqu’à 2 To. Il est compatible avec la plupart des SSD M.2 SATA (B-Key ou B+M) en 2280, 2260, 2242, 2230, y compris les WD Blue/Green, Samsung 860 EVO, Crucial MX500, Kingston. Attention, il ne convient pas aux SSD PCIe/NVME/M-Key/AHCI.Il est reconnu nativement par les différents OS sans avoir de driver à installer et peut se brancher à chaud.

Le SSD

Deuxième choix à faire, le SSD. Les prix grimpent vite. Pour les essais je ne voulais pas investir une fortune dans un SSD. Je n’ai pas de grosses quantités de données à stocker, au pire ce seront des vidéos. J’ai cherché sur les différents sites et mon choix s’est arrêté sur ce modèle.

C’est un SSD Dogfish M.2 en 2280 trouvé sur Amazon pour 30€. Il est à l’origine utilisé pour les ordinateurs portables. Il se connecte en SATA III et correspond avec l’adaptateur ci-dessus. Si vous avez plus de données à stocker, ou plus de moyens, vous opterez pour une taille supérieure.

A chaque fois je regarde les avis des lecteurs, en sachant qu’ils valent… ce qu’ils valent… mais pour ces produits la note et les retours semblaient bons. C’est toujours un peu à pile ou face mais il faut bien choisir.

Assemblage du SSD externe

Le SSD est livré dans une boite et protégé par une coque rigide. Pas de souci de ce côté là. Attention quand vous allez le sortir… Ces petites bêtes sont sensibles à l’électricité statique. Si vous portez une culotte ou un boxer en lycra, ou êtes assis sur une chaise recouverte de synthétique (j’ai ça ici et je me prends régulièrement des châtaignes 🙂 ) il faut manipuler le moins possible la carte avec vos mains pleines de doigts. Touchez une masse (celle du PC ?) avant de sortir la carte. Il faut savoir que la seule protection c’est le tapis et le bracelet antistatique. Toucher une terre vous décharge momentanément de votre électricité statique, mais dès que vous allez bouger un peu, vous allez générer une nouvelle charge 🙁

Le boîtier de protection est lui aussi livré dans un carton et une coque rigide.

Le boîtier adaptateur USB 3

Quand on a enlevé le carton, il suffit de sortir le boîtier. Sous la coque vous trouverez :

un câble USB 3 type A vers USB-C pour connecter le boîtier au Raspberry Pi, une plaque d’adhésif à fort pouvoir de transmission thermique pour évacuer la chaleur du SSD et un ensemble vis/écrou pour fixer la carte SSD au support.

Pour ouvrir le boîtier il suffit de faire glisser le couvercle muni d’un radiateur vers l’arrière depuis la prise USB. Il sort ensuite facilement. A nouveau vous trouverez dans le boîtier cet adaptateur SATA vers USB et vous veillerez à laisser vos mains dans vos poches et de ne le toucher qu’avec les yeux.

Les dangers de l’électricité statique

Électricité statique
Je sais, nombre d’entre vous vont me dire : “il nous gonfle avec ses histoire d’électricité statique, moi je tripote toutes les cartes, les Raspberry Pi, les Arduino, les ESP et je n’ai jamais rien cramé !”
source https://warosu.org/g/thread/51738247Certes ! mais si ça ne grille pas de suite, vous faites des dégâts sur les pistes internes des circuits intégrés qui sous l’effet du passage du courant et de la chaleur vont se détériorer plus vite. Je ne vais pas vous raconter ma vie…Enfin, si, un peu 😉  Dans ma vie précédente je suis intervenu dans une entreprise qui, avant, fabriquait des compteurs d’eau mécaniques, vous savez, avec une palette qui tourne et des rouages bien costauds qui entraînent les chiffres du compteur… Ils étaient passé à la fabrication de compteurs à eau électroniques (microcontrôleurs), interrogeables à distance. Leur problème ? 15 % de déchet dans les 6 mois suivant la pose des compteurs en clientèle. Les conséquences ? Obligés de changer les compteurs sous garantie (prix du compteur, déplacement, coût du technicien, perte de facturation d’eau…). Lors de mon intervention, j’ai constaté que l’atelier, le magasin etc… avaient été prévus aux normes pour protéger les fabrications de l’électricité statique. Il y avait des talonnettes et un testeur de mise à la terre du personnel. Mais… Personne n’avait été formé. Du coup les opérateurs manipulaient les cartes avec ou sans les bracelets, les bracelets étaient connectés à la terre… ou pas, les femmes de ménage débranchaient les tapis conducteurs de sol pour les déplacer et nettoyer mais… elles les remettaient en place sans les reconnecter à la terre. Le matériel était transporté dans… ce qu’il y avait. Des cartons, des bacs en plastique (conducteurs ou pas? on ne sait pas), posé sur des tables pas protégées, stocké sur des étagères où il y avait des tapis antistatiques… ou pas etc…

Après l’audit j’ai assuré durant  6 semaines des formations d’une journée sur l’électricité statique à TOUT le personnel technique ou support et… le taux de panne est redevenu normal (quelques %) après quelques mois… A vous de voir

https://www.rs-online.com/designspark/effets-des-dcharges-lectrostatiques-esd

Montage de la carte SSD SATA III

Insérer la carte dans le connecteur, elle reste relevée et c’est quand on met la vis de fixation qu’elle va se mettre à l’horizontal et assurer le contact sur le connecteur. Pour l’instant j’ai laissé l’étiquette sur les circuits de mémoire.

Mise en place de la fixation. En fonction de la carte il y a plusieurs trous sur le circuit imprimé de l’adaptateur. Ici on a la carte la plus longue et l’adaptateur est sur le trou le plus éloigné du connecteur. L’encoche dans le cylindre maintient la carte en place, la vis se met sous l’adaptateur. La LED 3 en bout de la carte est une LED bleue qui va indiquer l’activité du SSD.

L’étiquette du fabriquant de SSD est enlevé, ça permet d’accéder aux mémoires pour poser l’adhésif thermique  qui va dissiper la chaleur dans le radiateur du boîtier. Si vous avez un support nu ou un boîtier sans radiateur, laissez l’étiquette en place.

Le circuit 29F64B2ALCTHI

Quand on cherche de la doc sur la 29F64B2ALCTH1 on ne trouve pas grand chose (ou alors en chinois…). Apparemment le 64 c’est pour 64 Go et ce serait de la mémoire ECC à correction automatique. Elle corrige automatiquement les bits qui changent de valeur (en général c’est dû aux rayons cosmiques mais je ne vais pas vous embêter avec ça 😀 )

On retrouve des circuits de la même famille (ici un circuit 32Go dans une clé USB). Ils sont à priori fabriqués par Micron.

 

Mise en place de l’adhésif thermique. Le morceau que j’ai reçu avait cette coupure (CI de droite) mais ça fonctionne quand même.

Il ne reste qu’à remettre le capot/radiateur en place et à connecter à l’USB 3 du Raspberry Pi. La lampe bleue qui s’allume est rassurante, ça veut dire qu’il y a de la vie… donc de l’espoir. On peut continuer.

Température du radiateur

La mode en ce moment c’est la prise de température, je n’ai pas résisté… Cette image a été prise plus tard, après presque une demi journée de fonctionnement du SSD sur le Pi4 qui est dans le boîtier Argon One à gauche. La température est de 35 degrés sur le radiateur, ce qui reste raisonnable.

Installation et démarrage sur le SSD

Préparation du Raspberry Pi 4

Il est préférable de démarrer “proprement”, c’est à dire de créer une carte micro SD “neuve” (16 Go minimum) à partir de l’installateur de distribution Raspberry Pi Imager. Mettez la carte dans le Raspberry Pi 4 et démarrez l’OS (Comme on a de la place sur le SSD j’ai choisi la version FULL Desktop). Faites la mise à jour

sudo apt-get update
sudo apt-get upgrade

Ceci permet de démarrer avec une version complète et à jour. On va maintenant récupérer les dernières versions de firmware et de noyau

sudo rpi-update

Une fois que c’est fait il faut rebooter le Raspberry Pi 4 pour prendre les modifications en compte.

sudo reboot

A partir de là on a un Raspberry Pi 4 opérationnel et on peut continuer l’installation.

Connecter le lecteur SSD

Quand vous connectez le SSD au por USB la LED bleue clignote et reste allumée. Sur le SSD que j’utilise il y a également une LED rouge qui s’allume. Dans dmesg vous devez voir (après connexion du ssd) la présence du disque sda qui est notre SSD.

Flasher le nouveau firmware

Cette étape va mettre à jour le microprogramme qui permet à l’OS (Raspberry Pi OS) de communiquer avec le matériel (carte Raspbery Pi 4). Suivez les instructions scrupuleusement car vous risquez de “bricker” (flinguer) le Raspberry Pi 4.

Ouvrez un terminal et tapez la commande suivante

sudo apt install rpi-eeprom

Cette commande installe l’outil de flashage de l’EEPROM. dans le futur il sera sans doute inclus directement dans la distribution.

Tapez maintenant la commande

sudo nano /etc/default/rpi-eeprom-update

Normalement l’option FIRMWARE_RELEASE_STATUS est en “critical“. Mettez “beta” à la place. Sortez par CTRL X et sauvegardez la modification.

Lors des mises à jour vous avez dû récupérer une version récente du firmware. Regardez quelle est la version la plus récente dans /lib/firmware/raspberrypi/bootloader/beta/ :

Ici on a la version 2020-06-03 (3 juin 2020) qui est la plus récente. c’est celle que nous allons utiliser.

sudo rpi-eeprom-update -d -f /lib/firmware/raspberrypi/bootloader/beta/pieeprom-2020-06-03.bin

Maintenant le Raspberry Pi 4 a dans son EEPROM le nouveau firmware. C’est cette partie du tutoriel qui changera quand la version du firmware sera figée, et ne sera plus en beta.

Vérifier l’installation du nouveau firmware

On va utiliser la commande vcgencmd dont j’ai parlé en début d’article :

vcgencmd bootloader_version

qui confirme que la version du firmware est celle du 3 juin 2020 (copie d’écran ci-dessous).

On vérifie ensuite que le ‘ordre de boot a bien été modifié et que l’USB est tenté en premier

vcgencmd bootloader_config

Si BOOT_ORDER affiche 0xf41 c’est tout bon votre Raspberry Pi peut booter sur l’USB.

Vous retrouverez ça en début d’article plus en détail, mais le démarrage se fait de droite à gauche. Si le Raspberry Pi ne peut pas booter sur la carte SD, il passe au port USB.

Copier la carte SD sur le SSD

Pas la peine de chercher bien loin, l’outil existe dans les menus : Accessoires => SD Card Copier. Vérifiez que votre disque SSD est bien connecté sur le port USB 3. Démarrez SD Card Copier.

Pour le device source (From) choisissez la carte SD (mmcblk0)

Pour la destination choisissez le disque SSD (ici le DOGFISH SSD 128GB

Cliquez sur Start pour démarrer. Cette manipulation détruira toutes les données qui seraient présentes sur le SSD. Cliquez sur Yes pour lancer le transfert.

L’utilitaire prépare les partitions sur le SSD

Puis il copie les contenu des deux partitions.

A la fin un message vous avertit de la fin de l’opération. On va pouvoir tester le démarrage sur le SSD 😀 

Démarrer le Raspberry Pi 4 sur le disque SSD connecté sur le port USB 3

Eteignez proprement le Raspberry Pi 4 par Shutdown. Enlevez la carte micro SD, gardez la pas loin, on ne sait jamais… Remettez le Raspberry Pi sous tension. Vous devriez voir un écran comme celui-ci

Bon, le rectangle blanc en haut c’est le moniteur qui indiquait l’absence de signal avant le démarrage du Pi4. L’écran affiche l’ordre de démarrage (en partie masqué par le rectangle). Et la ligne suivante indique que la carte SD n’a pas été détectée. Le boot continue donc sur le SSD connecté à l’USB 3.

J’ai allongé un peu le temps pour que vous ayez le temps de tout voir. Le QRCode renvoie simplement vers la page de téléchargement du site de la Fondation.

Les premiers tests

Le Raspberry Pi 4 démarre tout à fait normalement sur le disque SSD. L’opération fonctionne donc parfaitement. Reste à voir ce que ça amène. J’y reviens par la suite.

Cliquez pour agrandir

Un coup d’œil au comportement du Pi4 8Go (avec bashtop) confirme que tout fonctionne. En haut à droite vous voyez que le Pi4 tourne à 2GHz. Je l’ai overclocké comme dans cet article et je profite du boîtier Argon One qui ventile le CPU et permet de maintenir une température raisonnable (46°C). On voit que le disque a 91% de place disponible.

Le résultat

Avis général

Ça fait 2 jours maintenant que le Pi4 tourne avec le SSD à 2GHz. PAs de souci particulier a part hier après midi où il s’est figé. Mais depuis le reboot il n’y a plus de souci. J’ai écouté de la musique, visité des sites web et regardé des vidéos youtube. Tout est ok.

Souci avec la vidéo je pense qu’il va falloir que je me penche là dessus. Lors de mes premiers essais de Pi4 avec Raspbian la vidéo avec VLC ne posait pas de souci. Ici mon Big Bug Bunny de référence n’est pas lu par VLC et omxplayer ne l’aime pas non plus (mosaïques, image figée…). Je pense qu’on est encore dans les essuyages de plâtres de Raspbian OS.

Pour le démarrage je n’ai pas vu de différence, le lancement des applis non plus ne se démarque pas vraiment

Quelques vitesses de démarrage

Les temps sont en seconde. On voit que la différence du temps de boot ou de démarrage des applis n’est pas flagrante et que l’avantage du SSD sera surtout de remplacer la fragile carte SD par un périphérique plus résistant dans le temps.

J’ai copié des fichiers de 640 Mo et 258 Mo sur le disque lui-même. Cette fois on note la différence entre les accès à la carte et ceux au SSD. c’est sur ce genre de transfert et sur les enregistrements que le SSD va amener du gain. Les temps sont mesurés au chrono à la main et sont approximatifs. J’ai utilisé la commande pv pour mesurer les temps de transfert des fichiers. Là encore c’est juste indicatif car la copie d’un fichier déjà copié précédemment se fait depuis la mémoir et fausse les mesures. Prenez donc ces chiffres pour ce qu’ils sont… des valeurs estimées, pas de la précision.

Accès au disque

De même hdparm donne des infos sur les accès au disque :

Avec la carte micro SD :

Avec le SSD :

Conclusion

Cette évolution on l’attendait depuis la sortie du Raspberry Pi 4. L’évolution de la carte avec l’arrivée d’un firmware en EEPROM a retardé la sortie mais cette fois on est sur le bon chemin. Au prix d’un SSD 128Go et de son boîtier (une cinquantaine d’euros) on pourra remplacer le “maillon faible”, la carte micro SD par un composant beaucoup plus fiable et améliorer les vitesses de transfert vers le disque de stockage.

 

Sources

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À propos François MOCQ

Électronicien d'origine, devenu informaticien, et passionné de nouvelles technologies, formateur en maintenance informatique puis en Réseau et Télécommunications. Dès son arrivée sur le marché, le potentiel offert par Raspberry Pi m’a enthousiasmé j'ai rapidement créé un blog dédié à ce nano-ordinateur (www.framboise314.fr) pour partager cette passion. Auteur de plusieurs livres sur le Raspberry Pi publiés aux Editions ENI.

34 réflexions au sujet de « Boot du Raspberry Pi 4 sur un disque SSD en USB3 »

  1. Frédéric Moyemont

    Bonjour
    Merci pour le ce tuto très bien détaillé, je ne suis pas un expert mais en étant rigoureux tout ce passe bien. Je suis cette affaire de Boot SSD depuis le début, j’en suis au même point, j’ai essayé plusieurs adaptateurs, à par un avec un contrôleur JMicron ils ont tous fonctionné.
    Maintenant je boot sur un mSATA 128GO Dogfish 34€, + 11€ pour l’adaptateur, moins rapide qu’un M.2, mais je trouve qu’il chauffe beaucoup moins.

    J’ai aussi des problèmes de lecture vidéo avec VLC, Big Bug Bunny (MKV) en 4K est saccadée avec une utilisation CPU de 25 % si j’augment la fréquence GPU VLC ne lit plus rien juste le son. Sous Kodi aucune saccade. Donc je pense aussi qu’il faut voir du coté de l’OS.

    Répondre
    1. François MOCQ Auteur de l’article

      merci
      oui je pense que c’est côté OS qu’ils ont cassé la lecture vidéo
      le problème avec la Fondation c’est qu’ils publient les OS un peu vite et corrigent après 🙂
      bon, ça prend un certain temps mais ça fonctionne au bout d’un moment 😀

      Répondre
  2. TRUBERT

    Bonjour,
    Merci pour ce tuto très détaillé et précis …comme toujours.
    Comme je ne suis pas un expert en Raspberry, je vais comme vous le suggérez attendre une version finale.
    Mais j’ai une question (qui est sans doute un peu idiote ou puérile) à savoir, ne peut on pas remplacer un disque SSD par une simple clé USB pour booter sur un des ports USB3 du RPi4 ?
    Merci

    Répondre
    1. François MOCQ Auteur de l’article

      bonjour
      oui bien sur tout périphérique USB devrait convenir
      – Disque externe HDD classique
      – Clé USB
      – Lecteur USB avec carte SD
      – Disque dur externe SSD
      – …

      Répondre
    2. Frédéric Moyemont

      J’ai fait le test sur une clé Sandisk Extreme 64 GO à 35 € sans problème les débit sans très bon, mais loin d’un SSD pour 10€ de plus.

      Répondre
        1. Frédéric Moyemont

          Ps : pfff ! je il faut que je m’applique
          J’ai fait le test sur une clé Sandisk Extreme 64 GO à 35 € sans problème les débits sont très bon, mais loin d’un SSD pour 10€ de plus.

          Répondre
  3. Christophe

    Super article (mais est-ce utile de le dire, c’est une constante!), j’attend que le boot USB soit dispo pour investir dans un RPI4, j’attend aussi qu’il y est plus de boitiers pour RPI avec Disque dur de dispo.
    En attendant j’ai vu que l’on pouvait copier la carte SD ou l’OS tourne vers un autre support.
    Je pensais que pas que l’on pouvait dupliquer le support ou l’OS est lancé. Et ça c’est cool. Ne serais-ce que pour faire une copie de sauvegarde de son serveur à chaud !

    Répondre
    1. Frédéric Moyemont

      Bonjour , j’ai réussi à intégrer proprement ( vis, entretoises ) un adaptateur mSata vers USB-C sous le Rrasperry dans un boitier ZkjeeShop de 32 mm. Bon il faut être bricoleur. Mais c’est vrai qu’il vaut mieux attendre une solution clé en main. Mais bon pour moi il faut garder la philosophie du Raspberry simple, pas chère et utilisable sans trop mettre les mains dans le cambouis.

      Répondre
        1. Frédéric Moyemont

          https://www.amazon.fr/gp/product/B07KP4TKHT/ref=ppx_yo_dt_b_asin_image_o02_s00?ie=UTF8&psc=1
          +
          https://www.amazon.fr/ZkeeShop-Aluminium-dissipateur-Thermique-Compatible/dp/B07VJ5VV2C/ref=sr_1_29?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&crid=2L7ATTM2ZJD0Y&dchild=1&keywords=boitier+raspberry+pi+4&qid=1591972343&sprefix=boitier+raspberry+%2Caps%2C171&sr=8-29

          J’utilise ce boîtier comme proto : J’ai découpé le fond pour gagner 1,5 mm, puis fixé une veille carte d’abonnement sur laquelle est fixé l’adaptateur. La mousse empêche un éventuel contrat entre la carte du raspberry et la prise de cordon USB-C lors de l’insertion. Je vais commander un nouveau boîtier et faire cela au propre.
          photos de Frédéric - Boitier SSD Raspberry Pi
          photos de Frédéric - Boitier SSD Raspberry Pi
          photos de Frédéric - Boitier SSD Raspberry Pi
          photos de Frédéric - Boitier SSD Raspberry Pi

          Répondre
  4. Jaycein

    Bonjour, super article, merci beaucoup !! Petite question toutefois : j’ai un RPi4 avec Ubuntu installé sur ma carte SD. Est-il obligatoire de repasser par Raspbian pour faire la manip ? N’ayant qu’une seule carte SD en ma possession et n’ayant pas l’utilité d’en acheter une autre, j’aurais aimé éviter de perdre ma précédente installation.

    Encore merci pour tous ces articles ! Bonne continuation.

    Répondre
    1. François MOCQ Auteur de l’article

      Bonjour
      je n’ai pas testé avec Ubuntu mais je ne pense pas qu’ilq aient l’équivalent de SD Card Copier.
      Il faudra sans doute faire la manip manuellement avec dd ?
      regardez dans les sources vous devriez trouver ça
      Pour garder votre installation il vaut mieux en faire une sauvegarde avec un outil comme Win32DiskImager par exemple et stocker l’image sur votre HDD
      en cas de souci vous remettez l’image sur la carte et c’est reparti 🙂

      Répondre
  5. dyox

    Bonjour François,
    Oui c’est ça qui est bien, il continue d’évoluer. Avec log2ram, ce sont vraiment 2 logiciels indispensables, surtout pour nos framboises. Et avec la dernière version de log2ram, on peut monter n’importe quel dossier en ram. De quoi justifier les versions 2, 4 et 8 Go.

    Répondre
  6. Frédéric Moyemont

    Bonjour
    j’ai essayé d’installer Freecad pour mettre mon montage au propre , l’installation ne pose pas de problème ,mais Freecad plante quand je veux crée un nouveau dessin. pourriez vous confirmer ce problème ? le portage sur l’USB en serait la cause ?

    Répondre
    1. François MOCQ Auteur de l’article

      Bonjour Frédéric
      difficile à dire mais normalement l install sur USB ne change rien au fonctionnement
      pour le moment je n’ai que Cura installé sur le SSD, j’installerai FreeCAD ASAP pour tester
      cdt
      françois

      Répondre
    2. François MOCQ Auteur de l’article

      Bonjour Frédéric
      je viens de terminer l’install de FreeCAD sur le SSD et tout s’est bien passé. Le logiciel se lance et je peux créer des pièces.
      désolé je ne peux pas vous en dire plus…

      Répondre
  7. Gordon

    Salut à tous.

    J’ai commandé chez Kubii la Raspberry Pi 4B/8Go que j’attends depuis 15 jours. Ils sont en rupture de stock.

    Pour booter un disque dur sur mes raspberry Pi 2B, j’utilise une carte micro SD ne contenant que le répertoire “/boot”.
    Quand je suis passé à la Raspberry Pi 3B+, j’ai juste branché mon disque dur et le boot s’est fait sans difficulté.
    J’ai lu que l’ancienne technique de boot, ne fonctionnait plus sur Raspberry Pi 4B. Est-ce vrai ?
    Autrement dit, je ne peux pas utiliser une carte micro SD pour booter mon disque dur avec la Raspberry Pi 4B.

    Quand j’aurai ma raspberry Pi 4B/8Go, je ferai le test !

    @+

    Répondre
  8. Gordon

    Salut à tous.

    J’ai reçu aujourd’hui mon colis commandé le 3 juin 2020.
    Et oui, presque quatre semaines d’attente entre une rupture de stock et la mise en suspend de ma commande, un oubli de leur part.
    Maintenant, que j’ai ma nouvelle raspberry Pi 4b / 8GB, j’ai fait le test.

    J’ai bien configurer le “boot_loader” à “0x41”.
    J’ai ôté ma carte micro SD et branché mon disque dur sur la prise usb 30..
    Le démarrage à bien eu lieu, sans problème.

    J’ai fait l’ancien test, à savoir branché une carte micro SD qui contient juste la partition “/boot” et mon disque dur.
    Aucun problème, le test a fonctionné aussi.
    J’ai vérifié que j’avais encore la partition “/boot” de ma carte micro sd, et c’est le cas.

    Le bootloader permet de sélectionner l’ordre des périphériques au démarrage de la raspberry.
    Dans mon cas, il s’agit bien d’un disque dur externe, de type USB 3.0.
    Cela n’a aucun rapport avec la nature du boot.

    @+

    Répondre
  9. david

    bonjour
    merci pour ce tuto.
    Le sudo raspi-upgdate met à ce jour la dernière version de l’Eeprom.
    j ai bien dans la config l’ordre de boot 0xf41, testé avec différentes versions du fichier eeprom*.bin

    Seulement mon rpi4 ne boot pas sur un port usb3 (le disque ssd n’est pas trouvé) mais sur un usb classique.
    quelqu un a t il une idée?
    merci par avance

    Répondre
  10. Didiier B

    Bonjour François, et merci pour cet article de qualité (comme d’habitude !)
    J’ai fait le saut car le “firmware release status” est passé de “beta” à “stable”, vesrion 2020-09-03…
    Tout a fonctionné “au poil”, et en retirant la carte SD j’ai eu l’impression de retirer des petites roues AR à une … Maserati !
    il aura fallu bien du temps depuis le 3B+ pour retrouver ce niveau de performance …
    Bon, enfin on y est, ne pleurons pas notre satisfaction !

    Répondre
  11. Christian B.

    Merci beaucoup François pour ce tutoriel très didactique.
    Je pense avoir déroulé la méthode sans erreurs sur un PI4 8Go et copier sur un Toshiba 1To.
    Mais j’échoue à la dernière étape, puisqu’après avoir retiré la SD card et lancer le PI, il me signale des erreur de type :
    revover4.elf: is not compatible
    USB-MSD boot requires newer software
    Get the latest software from https://www.raspberrypi.org/fowloads
    ERROR: 00000044

    J’ai utilisé la SD où NOOBS > Raspberry OS était installé à la réception du PI hier.
    et j’ai considéré le FIRMWARE_RELEASE_STATUS comme “stable” sur la base d’autres tutos récents
    Quelqu’un saurait-il me dire ce qui cloche, ce qui serait à faire pour le faire booter sur SSD ?
    Merci beaucoup pour votre aide

    Répondre
    1. François MOCQ Auteur de l’article

      Bonjour Christian
      je n’ai pas essayé NOOBS dans ces conditions et je ne sais pas si ça fonctionne… En fait Noobs est un système qui lance d’autres systèmes stockés sur la carte
      Pas sur que ça soit aussi simple à installer sur un SSD ou une clé USB
      il faudrait refaire la manip avec une carte micro SD et Raspbian installé dessus
      tenez moi au courant
      cdt
      françois

      Répondre
  12. Christian B.

    Effectivement, j’avais également intuité que le problème pouvait venir de l’os.
    En installant Raspberry Os, ça a parfaitement fonctionné 😀
    Merci beaucoup François !

    Répondre

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