Lorsque la batterie de mon portatif Radtel RT-620 (acheté il y a 3 ans) a soudainement rendu l’âme, je pensais naïvement qu’un e-mail au fabricant suffirait pour la remplacer. La réponse a été sans appel : modèle discontinué, me poussant de fait à devoir racheter une radio neuve.
Au-delà de la réparation, cette mésaventure fait aussi office d’alerte pour ceux qui lorgneraient sur cette marque. Si les tarifs de Radtel sont indéniablement attractifs, leur refus de gérer l’usure la plus prévisible et inéluctable qui soit (la fin de vie d’une batterie) en dit long sur leur vision à long terme. Un équipement « low-cost » qui devient jetable au premier consommable épuisé n’est finalement pas une si bonne affaire.
Face à ce cas d’école d’obsolescence programmée, j’ai refusé de jeter au rebut un équipement en parfait état de marche. Sortez vos fers à souder : voici l’autopsie et la réparation pas-à-pas de ce pack batterie pour reprendre le contrôle sur notre matériel !
Bien que ce tutoriel soit réalisé sur le pack batterie d’un Radtel RT-620, le principe de réparation (changement du BMS et des cellules 18650) reste valable pour de nombreux autres TX Radtel ou talkie-walkies équivalents souffrant de problèmes de charge ou d’une autonomie en chute libre
Radioamateurs, ne jetez plus ! Autopsie et réparation du pack batterie Radtel RT-620
Caractéristiques Techniques du Radtel RT-620
Avant de l’opérer, faisons un rapide tour du propriétaire. Ce portatif offre des spécifications plutôt complètes pour son prix :
- Plage de fréquences : Couverture ultra-large avec une plage d’Émission/Réception (TX/RX) de 136 à 560 MHz et Réception seule (RX) de 108 à 136 MHz.
- Puissance d’émission : Puissance maximale annoncée de ≤ 10W, modulable (High / Low) via le menu POWER.
- Modulation et Bande passante : Émetteur-récepteur FM avec bande passante ajustable sur Wide (25 kHz) ou Narrow (12.5 kHz).
- Pas de fréquence (Step) : Incrémentation flexible (5k, 6.25k, 10k, 12.5k, 25k, 50k ou 100k).
- Gestion des relais (Shift) : Décalage de fréquence réglable via OFFSET et gestion complète des sous-tonalités CTCSS / DCS.
Le cœur du problème : Autopsie à cœur ouvert
Le boîtier de la batterie est scellé pour l’éternité (collé ou soudé aux ultrasons). Pas de vis, pas de clips. Il va donc falloir employer les grands moyens, avec doigté pour ne pas percer les accus au lithium !
La méthode forte (mais maîtrisée)

On commence par bloquer fermement la batterie dans un étau. L’astuce consiste à attaquer à la scie à métaux sur la base, là où le plastique est le plus épais (le côté opposé au clip de verrouillage), juste de quoi créer une belle entaille.
Faire levier pour craquer la soudure

Une fois la brèche ouverte, on y glisse un tournevis plat assez large. On exerce une petite torsion pour forcer l’ouverture et faire « craquer » la ligne de collage sur les premiers centimètres.
En douceur avec les bons outils

On range le tournevis et on sort le spudger (outil d’ouverture en plastique dur de chez Jakemy). On le glisse dans la fente et on fait le tour du boîtier en douceur. Le plastique va céder petit à petit.
Découverte des entrailles

Le boîtier s’ouvre comme une huître ! Le montage est rudimentaire : deux cellules de format 18650 maintenues grossièrement par du scotch.

Remarquez au passage le fil rouge (qui remonte vers les contacts de la radio) scotché directement sur l’intérieur de la coque.
Le coupable démasqué

En extrayant le bloc, on lit la référence : des génériques TNL-ITR18650-2600P. Le diagnostic est sans appel : les cellules d’origine sont tombées à 0.45V, un seuil de décharge profonde fatal pour le Lithium-ion.

Soudée sur les languettes, on trouve la petite carte électronique verte : le BMS d’origine qui a laissé nos cellules s’autodécharger… L’autopsie est terminée !
Le bon choix : Une véritable « Upgrade »
Face au mutisme du fabricant, j’ai décidé de ne pas me contenter d’une simple réparation, mais d’effectuer une véritable montée en gamme.
| Caractéristique | Cellules d’origine (TNL) | Nouvelles cellules (Samsung) |
|---|---|---|
| Modèle | TNL-ITR18650-2600P | Samsung INR18650-35E |
| Capacité | 2600 mAh | 3400 mAh (minimum) |
| Format | 18650 | 18650 |

En remplaçant les accus génériques par des cellules authentiques Samsung SDI (dotées de languettes à souder), le passage de 2600 mAh à 3400 mAh offre un gain d’autonomie de plus de 30% ! De plus, elles peuvent délivrer un courant continu de 8A, garantissant la stabilité de tension lors des émissions à 10W.
Rétro-ingénierie : Comprendre les erreurs d’usine

Avant de sortir le fer à souder, il est indispensable de se pencher sur le fonctionnement du chargeur d’origine. Pourquoi cette étape est-elle cruciale ? Tout simplement parce que nous nous apprêtons à modifier l’architecture interne de la batterie (passage en port commun). Il faut s’assurer que le socle de bureau délivre une énergie compatible avec notre nouveau circuit, sans risquer de griller nos nouvelles cellules.
Ce que nous dit l’étiquette
Un simple coup d’œil sous le socle nous donne les premières informations vitales. Le chargeur est alimenté par un bloc secteur externe de 12V (via un connecteur jack standard visible sur la photo ci-dessous). En sortie, vers la batterie, il est censé délivrer 8.5V sous 600mA.
Note technique : 8.5V est une tension très (voire trop) optimiste. La tension maximale absolue d’un pack Li-ion 2S est de 8.4V (soit 4.2V par cellule). Ce léger dépassement à 8.5V confirme que ce socle a été conçu « à l’économie » et justifie d’autant plus l’ajout de notre propre BMS interne pour couper impérativement la charge à 8.4V et protéger nos accus !
Démontage du socle : L’électronique de charge
En ouvrant le boîtier en plastique, on découvre un petit circuit imprimé (référencé SQ-A15). L’agencement est très aéré, typique des productions de masse peu coûteuses.
Sur la face supérieure (côté batterie), c’est minimaliste : on retrouve la prise jack 12V, deux condensateurs électrolytiques pour le filtrage, une bobine d’inductance (47uH), la LED bicolore (rouge/vert) déportée sur ses longues pattes, et enfin les trois lamelles de contact qui viennent toucher le dos de la batterie.
L’analyse du circuit (Face inférieure)
C’est sur l’autre face de la carte que la magie (ou plutôt la logique) opère. On y trouve le véritable cerveau de l’alimentation, intelligemment divisé en deux étages distincts :
- L’étage de conversion de puissance (XL4001E1) : Ce circuit intégré, couplé à la grosse bobine marquée 47UH (l’inductance) située sur l’autre face, forme un convertisseur abaisseur appelé « Buck ». C’est lui qui hache le 12V entrant pour l’abaisser proprement à notre tension cible d’environ 8.4V, et ce sans dissiper trop de chaleur (contrairement à un vieux régulateur linéaire).
- L’étage d’intelligence (LM358 et R300) : C’est la puce de gauche, un amplificateur opérationnel (LM358). Il travaille de concert avec le capteur de courant : la grosse résistance noire marquée R300 visible juste au-dessus du contact OUT-. Cette résistance « shunt » a une très faible valeur (0.3 ohm). Absolument tout le courant qui retourne de la batterie vers le chargeur est obligé de la traverser.
Le secret de la LED : Comment le chargeur sait-il qu’il a fini ?
Quand le courant passe (la batterie charge), il se crée une infime chute de tension aux bornes de la résistance R300. L’arbitre (le LM358) détecte cette petite tension, comprend que l’énergie circule, et allume la LED en Rouge.
Quand vos accus atteignent leurs 8.4V fatidiques, ils sont pleins et ne « tirent » plus de courant. La tension aux bornes de la résistance R300 retombe alors à zéro. Le LM358 le détecte instantanément et bascule la LED en Vert !
Conclusion de l’autopsie du chargeur
Ce socle est donc une véritable petite alimentation stabilisée autonome (CC/CV – Courant Constant / Tension Constante). Puisqu’il limite et gère lui-même la charge, il sera parfaitement compatible avec notre nouveau BMS à port commun ! Notre module de remplacement n’aura pas à gérer la régulation, il se contentera de surveiller chaque cellule avec vigilance, prêt à bloquer le circuit si la puce XL4001E1 venait à s’emballer.
Le cerveau et les muscles du BMS d’origine

La carte d’origine utilise un duo classique :
- La puce « 20DB » (Le Cerveau) : Un contrôleur de protection (type HY2120) qui surveille l’équilibre et la tension. S’il détecte une anomalie, il envoie un signal de coupure.
- La puce « 8205A » (Les Muscles) : Un double transistor MOSFET (FS8205A) commandé par le cerveau. Il agit comme interrupteur pour bloquer la charge ou la décharge.

L’ironie : le BMS coupe bien la décharge vers la radio, mais il possède son propre courant de fuite qui, sur plusieurs mois d’inactivité, a tué définitivement la batterie.
L’architecture à « Port Séparé » : La grande faille

Nous sommes face à un BMS qui ne gère que la décharge. Les contacts de charge (dos du boîtier) sont câblés directement sur les cellules (B+ et B-). C’est le socle externe qui délivre la tension finale (8.4V).
La preuve par l’expérience : Si vous placez la radio sur son socle avec la batterie morte, elle s’allume ! Le courant ignore les cellules HS et alimente directement l’appareil.
Le mythe de l’équilibrage

Si le courant arrive directement, comment le BMS équilibre-t-il la tension ? La réponse est brutale : il n’y a aucun équilibrage.
- Le HY2120 n’est pas un équilibreur : Il protège, mais ne sait pas décharger une cellule trop pleine pour laisser l’autre rattraper son retard.
- Un gardien contourné : Puisque le courant arrive directement, il contourne les MOSFETs de protection. Le chargeur continue d’injecter du courant même si la puce HY2120 donne l’ordre d’arrêter.

Sans équilibrage, une cellule se charge plus vite que l’autre. Le socle s’arrête à 8.4V, même si une cellule est en surcharge à 4.4V et l’autre à 4.0V. Au fil des cycles, cela détruit la chimie.
La solution ultime : Le BMS 2S à « Port Commun »
Notre objectif est de sécuriser la charge en refusant d’accorder une confiance absolue au socle de bureau. Le nouveau module 2S de 10A est à port commun.
Contrairement au circuit d’origine, le BMS s’intercale ici comme un véritable garde du corps :
- Côté Cellules : Relié au pôle négatif (-), positif (+) et au « Milieu » (jonction entre les cellules) pour surveiller chaque accu individuellement.
- Côté Extérieur : Les contacts vers la radio (décharge) ET venant du socle (charge) sont soudés ensemble sur les mêmes bornes de sortie du BMS (P+ et P-).
Si le petit socle tombe en panne et ne s’arrête plus à 8.4V, le courant est désormais obligé de traverser le BMS. Dès qu’une cellule atteint son seuil critique (4.25V), le circuit est physiquement coupé et vos nouvelles cellules Samsung sont sauvées !
Le choix du matériel : Un BMS 2S 10A sur mesure
Pour remplacer la carte d’origine défaillante, mon choix s’est porté sur un petit module de protection disponible à un prix dérisoire (à peine plus de 1,30 € !) sur AliExpress. Vous pouvez le trouver via ce lien direct non affilié.
J’ai sélectionné le modèle « 10A 2S 7.4V » (sans languettes nickel). Bien qu’il soit extrêmement bon marché, ce petit circuit imprimé coche absolument toutes les cases de notre cahier des charges pour fiabiliser la batterie du Radtel RT-620 :
- Architecture à Port Commun : Comme nous l’avons vu juste avant, il dispose des contacts unifiés P+ et P- sur lesquels vous souderez à la fois les fils de charge (venant du socle) et les fils de décharge (allant vers la radio).
- Marge de puissance (10A) : Avec une tolérance de 10 Ampères en continu, il encaissera sans sourciller et sans chauffer les 2 à 3 Ampères réclamés par la radio lors des pics de consommation en émission à pleine puissance (10W).
- Protections complètes : Il intègre une véritable coupure matérielle en cas de surcharge (coupure à 4.28V ± 0.025V par cellule) et une protection stricte contre les décharges profondes (coupure à 2.35V). Nos nouvelles cellules Samsung sont ainsi protégées contre les défaillances du chargeur ET contre l’oubli de la radio allumée dans un tiroir.
- Intégration mécanique parfaite : Si vous observez sa forme, vous constaterez qu’il possède deux arrondis. C’est un format standard conçu pour venir coiffer parfaitement le sommet de deux accus 18650, ce qui va grandement faciliter notre assemblage dans l’étroit boîtier en plastique.
Analyse du BMS : Qui fait quoi sur la carte ?
Puisque nous sommes dans une démarche de rétro-ingénierie et de compréhension, jetons un œil aux composants de ce petit BMS AliExpress avant de le souder. Les photos macro nous révèlent une architecture classique, robuste et redoutablement efficace.
- Les « Muscles » (Les puces 8810) : Sur la moitié gauche, on remarque un bataillon de quatre puces identiques à 8 broches estampillées 8810. Ce sont des MOSFETs à double canal N (des interrupteurs électroniques de puissance). Ce sont eux qui laissent passer ou coupent le courant entre la batterie (B-) et la sortie (P-). Le fait d’en mettre quatre en parallèle n’est pas un hasard : cela permet de diviser la résistance interne et la dissipation thermique. C’est grâce à cette armée de MOSFETs que notre petite carte peut encaisser les fameux 10 Ampères sans fondre !
- Le « Cerveau » (La puce 20DBH) :

Au dessus des MOSFETs 8810, la petite puce à 6 broches marquée 20DBH est le contrôleur de protection (très probablement une variante de la célèbre famille HY2120 dédiée aux batteries 2S). C’est le chef d’orchestre. Elle est reliée au positif (B+), au négatif (B-) et surtout au point milieu (BM). Elle mesure en permanence et individuellement la tension de nos deux cellules Samsung. Si l’une d’elles dépasse 4.28V (surcharge) ou tombe sous 2.35V (décharge profonde), cette puce envoie instantanément l’ordre aux MOSFETs 8810 de couper le circuit.
Les points de connexion (Pads)
La sérigraphie de la carte est très claire et nous dicte notre futur plan de câblage :
- B+, BM, B- : Côté « Battery ». C’est ici que nous allons souder nos cellules Samsung (Positif, Milieu, Négatif).
- P+, P- : Côté « Pack » ou « Port ». C’est notre fameux Port Commun. Tous les fils externes (ceux qui vont vers le socle de charge ET ceux qui vont vers les contacts de la radio) seront soudés ici.
- T : Ce plot sert normalement à connecter une Thermistance (sonde de température). Dans la plupart des packs radios simples comme la RT-620, il n’est pas utilisé et restera vide.
Le matériel est réuni, la théorie est validée… il est temps de faire chauffer le fer à souder pour l’assemblage final !
💡 Le saviez-vous ? Peut-on émettre pendant que la radio charge ?
Le socle étant en parallèle avec la radio, la batterie agit comme un tampon d’énergie :
- En veille : La radio consomme peu. Le transformateur du socle fournit cette énergie et utilise le surplus pour recharger. La batterie est « transparente ».
- En émission à 10 Watts : Pour émettre, l’appareil tire 2 à 3 Ampères en pic. Le petit chargeur est incapable de fournir cela.
Le rôle vital de nos cellules Samsung
Si vous appuyez sur le PTT sur le socle, le chargeur s’effondre. C’est la batterie qui compense instantanément. Moralité : même sur secteur, une radio puissante a besoin de bonnes cellules (capables de délivrer 8A en continu) pour encaisser les pics de consommation !
L’assemblage : Fer à souder, Kapton et précision
⚠️ AVERTISSEMENT DE SÉCURITÉ CRUCIAL :
Toutes les manipulations qui vont suivre s’effectuent sur des batteries chargées. Il n’y a pas de bouton « Off » sur un accu 18650 ! Soyez extrêmement vigilant avec vos outils (pinces métalliques, pannes de fer à souder, fils volants) pour ne créer aucun court-circuit entre le pôle positif et le pôle négatif. Un court-circuit sur des accus au lithium de cette capacité provoque un dégagement de chaleur instantané, des étincelles, et un risque très élevé d’incendie. Prenez votre temps, travaillez sur une surface dégagée, et restez concentré.
Préparation du point milieu des cellules
La première étape consiste à relier nos deux cellules Samsung en série. Il faut donc placer le pôle positif d’une pile à côté du pôle négatif de l’autre (tête-bêche). Attention à l’orientation : présentez préalablement votre BMS au-dessus des accus pour vous assurer que les pôles terminaux (le grand (+) et le grand (-)) tomberont bien en face des bons plots de la carte électronique !
Plutôt que de martyriser nos accus en soudant directement sur les pôles, nous utilisons judicieusement les languettes pré-soudées en usine. On les replie à 45° pour qu’elles se croisent au centre. L’astuce est d’en laisser une légèrement plus longue pour faciliter la soudure.
Pour maintenir les deux accus parfaitement solidaires pendant la soudure et dans leur futur boîtier, on les ceinture fermement. Ici, pas de scotch d’écolier, mais du ruban adhésif spécifique de couleur ambre : le Kapton.
💡 La Minute Technique : Qu’est-ce que le Kapton ?
Le ruban adhésif en polyimide (souvent appelé par son nom commercial « Kapton », inventé par DuPont) est le meilleur ami de l’électronicien. Contrairement au scotch classique qui fond pitoyablement, le Kapton résiste à des températures extrêmes (jusqu’à 260°C en continu, et de brefs passages à 400°C). Il est également un excellent isolant électrique. C’est l’outil indispensable pour sécuriser les packs de batteries au lithium et isoler les soudures !
Un peu de flux, un apport d’étain rapide, et les deux languettes sont solidement soudées ensemble. Le « point milieu » de notre batterie 2S est créé !
Préparation et mise en place du BMS
Avant de poser la carte BMS sur les accus, il est impératif d’isoler son dos. Là encore, le ruban Kapton fait des merveilles pour s’assurer qu’aucun contact intempestif ne se fera entre le circuit imprimé et le corps métallique de la batterie.
De l’autre côté du pack (le haut), on replie les languettes principales vers l’intérieur pour préparer l’accueil de la carte, et on les coupe à la bonne longueur pour qu’elles recouvrent juste ce qu’il faut des plots de soudure de notre BMS.
On glisse le BMS sous les languettes. L’avantage d’avoir choisi un module avec des arrondis adaptés au format 18650 prend ici tout son sens : l’intégration mécanique est parfaite.
Soudure du BMS et connexion du fil central
Vient l’étape de la soudure sur les plots B+ (Positif Batterie) et B- (Négatif Batterie).
⚠️ Attention lors de cette étape : Il faut utiliser un fer assez chaud pour fondre l’étain rapidement, mais ne surtout pas s’attarder ! Si vous chauffez trop longtemps, la fine couche de cuivre du plot va se décoller du circuit imprimé (délamination), ou la soudure d’usine située sous le plot risque de fondre, et vous perdrez la pastille de contact.
Pour finir le câblage de notre pack, le BMS a besoin de mesurer la tension individuelle de chaque cellule. Nous retournons donc notre bloc, et nous venons souder un fil de liaison souple directement sur la jonction des languettes que nous avons créée à l’étape 1 (le point milieu).
Il ne reste plus qu’à faire courir proprement ce fil le long des accus (passez le sous lemorceau de Kapton) pour venir le souder sur le plot central marqué BM (Battery Middle) de notre petite carte électronique.
La magie du Port Commun : Le câblage final
Nous y voilà ! C’est ici que la théorie du « Port Commun » prend tout son sens. Sur notre ancienne carte, la charge et la décharge étaient séparées. Sur ce nouveau BMS, tout passe par les plots P+ (Positif) et P- (Négatif).
Il faut donc souder deux fils sur le P+ et deux fils sur le P-. L’une des paires ira se connecter aux contacts de charge (au dos de la batterie), et l’autre paire ira vers les contacts d’alimentation de la radio (sur le dessus). Note de l’auteur : étant daltonien, je vous laisse juger des couleurs choisies sur la photo, j’ai simplement pris soin d’utiliser les fils les plus foncés pour le Positif et les plus clairs pour le Négatif. L’essentiel en électronique n’est pas la couleur de la gaine, mais de ne jamais se tromper de polarité !
Vient ensuite la connexion de ces fils sur les lamelles métalliques incrustées dans les demi-coques en plastique de la batterie.
⚠️ Attention : Danger de fonte !
Soyez extrêmement rapide et précis lors de la soudure sur ces plots (surtout côté radio). Le plastique du boîtier est de qualité très moyenne et fond quasi instantanément sous l’effet de la chaleur transmise par la lamelle métallique. Si vous laissez votre fer appuyé plus d’une seconde, le contact va s’enfoncer dans le plastique fondu et votre batterie sera ruinée. Étamez bien vos fils au préalable, un peu de flux sur le plot, et touchez-le avec le fer juste le temps de faire prendre la soudure !
Calage et fermeture du boîtier
L’électronique est prête, il est temps de tout remettre dans la boîte. Nos nouvelles cellules Samsung 18650 faisant très exactement la même taille que les accus d’origine, l’intégration se fait sans aucune modification de la coque. Nous allons simplement remettre les choses à leur place initiale.
Rappelez-vous lors du démontage (ou plutôt du « sciage ») initial : nous avions extrait un épais bloc de mousse noire. C’est le moment de le recycler ! Il vient se glisser parfaitement dans le fond du boîtier et maintient notre nouveau pack d’accus fermement en place.
Pour sceller définitivement la batterie, j’ai opté pour de la colle néoprène (colle contact). J’en ai déposé quelques gouttes stratégiques dans les coins intérieurs et au centre des rebords. L’avantage de la néoprène est sa souplesse : elle encaisse bien les vibrations et permet un démontage futur (avec un peu de force) si besoin, contrairement à la colle cyanoacrylate (Super Glue) qui rendrait le boîtier cassant.
On respecte le temps de séchage à l’air libre préconisé pour la colle contact, puis on assemble les deux demi-coques en pressant fermement. Quelques pinces de serrage maintiennent l’ensemble sous presse le temps que la prise soit définitive.
Conclusion : Un Radtel RT-620 ressuscité et fiabilisé !
Et voilà le travail ! La batterie est parfaitement refermée et prête à reprendre sa place au dos du Radtel RT-620. Il ne reste plus qu’à allumer la radio, vérifier le passage en émission, et profiter de cette nouvelle autonomie augmentée.
L’heure de vérité : Tests et mise en situation
La batterie est remontée, scellée, et solidement clipsée au dos du Radtel RT-620. Le suspense est à son comble. Va-t-il fumer ? Va-t-il charger ?
On pose l’appareil sur son socle de charge d’origine et la magie opère : la LED rouge s’allume fièrement ! La tension arrive bien aux bornes de la batterie, le courant traverse notre nouveau montage « Port Commun », et le BMS gère la charge des cellules Samsung sans sourciller.
Mais un test statique ne suffit pas. Qu’en est-il en condition réelle ? Je vous ai préparé une petite vidéo de quelques secondes pour vous montrer le résultat en autonomie (tenu à la main, sans aucune alimentation externe). Mettez le son : on y entend parfaitement la télégraphie (CW) de la balise du relais R6 de Montceau-les-Mines ! Le poste a retrouvé toute sa voix et une dynamique de réception impeccable.
Validation technique : le pack batterie à l’épreuve du terrain
Après l’assemblage et la première charge complète, une validation du comportement électrique du pack en conditions réelles s’impose.
Dans un premier temps, après une dizaine d’heures de repos absolu (radio éteinte), la mesure au multimètre affiche une tension parfaitement stable de 8,5 V. Cette valeur indique que les cellules ont atteint 4,25 V, ce qui correspond au seuil de coupure haut (Overcharge Detection Voltage) du BMS 2S et a la tension délivrée par le chargeur. Le pack prend donc la charge maximale sans encombre.
Ensuite, après une heure de fonctionnement en réception (RX), la tension se stabilise à 8,36 V. Ce comportement est caractéristique des courbes de décharge Li-Ion : les cellules Samsung INR18650-35E écrêtent leur tension de surface pour s’installer sur leur palier de décharge nominal (4,18 V par élément).
L’étape la plus critique reste l’émission (TX). Lors du passage en émission, notamment pour l’ouverture du relais R6, l’appel de courant est important. Le BMS de 10A encaisse la charge sans la moindre chute de tension fatale et sans déclencher de coupure de sécurité. Le Radtel RT-620 dispose de toute la réserve d’énergie nécessaire et délivre sa pleine puissance. Techniquement, le remplacement est un succès, offrant une source d’énergie bien plus fiable et durable que la batterie d’origine.
Conclusion : Un beau pied de nez à l’obsolescence programmée !
Faisons un petit bilan de cette aventure. Radtel conçoit un poste radio plutôt sympathique, mais décide (par radinerie, par stratégie ou par simple désintérêt) de ne fournir absolument aucune batterie de rechange sur le marché. Une fois les piètres accus d’origine gonflés et hors service, le message du fabricant est clair : « Jetez le tout et rachetez un appareil neuf. »
C’est l’essence même de l’obsolescence programmée par défaut de pièces détachées. Si j’avais suivi cette logique consumériste, ce pauvre émetteur-récepteur serait allé grossir les rangs de la masse gigantesque des déchets électroniques, mort beaucoup trop jeune pour une simple histoire d’accumulateurs.
Mais c’était sans compter sur le fameux esprit Maker couplé à l’esprit OM (Radioamateur) ! Avec un peu de curiosité, d’huile de coude, un bon fer à souder et quelques euros d’investissement dans des composants fiables (le BMS et les superbes cellules 18650 Samsung de 3400mAh), nous avons fait bien plus que réparer : nous avons transformé un point faible en véritable atout technique.
Ici, sur framboise314, on ne garde pas jalousement ses petites trouvailles. La bidouille, ça se partage, ça se documente, et ça se diffuse librement. Ce tutoriel est là pour ça : prouver qu’il est possible de reprendre le contrôle sur nos appareils électroniques. Alors la prochaine fois qu’un de vos gadgets rend l’âme à cause de sa batterie, vous savez ce qu’il vous reste à faire : ne jetez pas, ouvrez, analysez… et réparez !
73 QRO à tous, bonnes bidouilles, et à très bientôt pour de nouvelles aventures électroniques !
Comme vous pouvez le voir sur cette capture d’écran, le site Akkuteile propose une option très intéressante lors de la commande : l’ajout de languettes en nickel soudées d’usine (les options soldering tag Z ou U). Il y a bien sûr un petit supplément tarifaire pour ce service, mais très franchement, ça vaut largement le coût !
À moins d’être l’heureux propriétaire d’une soudeuse par points, c’est la seule façon propre de procéder pour assembler notre pack. On le rappelle souvent, mais on ne soude jamais directement au fer sur les pôles d’un accu au lithium sous peine de le détruire ou de provoquer un accident avec la chaleur. Compte tenu de la qualité irréprochable et de l’authenticité de ces cellules Samsung, ce petit extra est un investissement minime qui vous fera gagner un temps précieux tout en garantissant un montage parfait et sécurisé.
💡 Le conseil Matériel de framboise314 :
Méfiez-vous des accus 18650 miracles à bas prix sur les sites d’importation, ce sont souvent des contrefaçons dangereuses aux capacités largement gonflées. Pour ce projet, j’ai commandé mes cellules Samsung INR18650-35E (3400mAh) sur le site allemand Akkuteile.de, une boutique sérieuse et réputée pour l’authenticité de ses batteries. Vous pouvez aussi regarder du côté du site néerlandais NKON.nl, une autre référence incontournable en Europe.
































Super intéressant !
Merci pour le partage 😉
merci
Chapeau, très beau travail de documentation réflexion action.
merci