Publié le 29 octobre 2022 - par

Visite de la maison « Rochette »

Raymond Rochette, instituteur creusotin, était aussi un peintre qui a, dans un style bien identifiable, peint la vie quotidienne des ouvriers de l’usine métallurgique du Creusot. De son œuvre émergent les rougeoiements de l’acier en fusion, les étincelles des meuleuses, les bruits de la forge. Lors du Village des Sciences, le FabLab UtoPi avait montré ses tableaux grâce à des filtres polarisants et nombreux ont été les anciens qui s’exclamaient « Oh là je reconnais cet atelier, j’y ai travaillé ! ». Les membres du FabLab ont été invités pour une visite privée de la maison du peintre, organisée par ses enfants Florence et Luc.

Visite de la maison Rochette

Le peintre Raymond Rochette (d’après Wikipedia)

Raymond Rochette est un artiste peintre français, né en 1906 au Creusot et mort le 26 décembre 1993 au Creusot. Né aux frontières de la forêt morvandelle et de l’usine du Creusot, ses premières huiles représentent les paysages du Morvan, des scènes de la vie rurale et de nombreux portraits. Dès son enfance, il est fasciné par l’univers de la métallurgie lourde. Du Maroc, où il réalise son service national, il rapportera des paysages lumineux, mais dès cette époque il écrit à ses parents « Je crois qu’il serait intéressant de peindre les hommes au travail, suant, rouges avec les énormes machines, la poussière et la vapeur ».

Photo de Raymond Rochette devant l'esquisse de son tableau "LEs Pelleteurs"

Raymond Rochette devant l’esquisse des « Pelleteurs »

En 1949, (13 ans après sa première demande), il obtient l’autorisation d’entrer dans l’usine et d’y peindre. Rapidement accepté par les ouvriers, il les représente de plus en plus souvent, minuscules à côté des machines qu’ils dominent, ou en centre de tableaux. Pendant 70 ans, Raymond Rochette n’a cessé de peindre : un paysage, un visage, un fruit, des objets simples, tout fascinait son regard. Il décède en 1993 dans sa maison natale. Ses œuvres sont acquises par l’état, la ville de Paris et figurent dans une dizaine de musées en France et à l’étranger.

De son métier instituteur à l’école de la Marolle, il enseignera pratiquement pendant toute sa carrière dans une classe double (maternelle et cours préparatoire) et restera passionné par cette période épanouissante de la vie de l’enfant. L’école était située tout en haut d’une colline, qui penche d’un côté vers sa maison et le village de Saint Sernin du Bois, de l’autre vers la ville et l’usine du Creusot.L’ancienne école a été détruite et remplacée par un bâtiment neuf qui porte le nom d’ École Raymond Rochette.

Le catalogue raisonné, basé sur les tableaux encore disponibles représente environ 1800 toiles, auxquelles il convient d’en ajouter à peu près autant, disséminées dans des collections privées. Membre du FabLab, Patrick participe à l’élaboration du catalogue et à la remise en état de la maison du peintre.

Pourquoi cet article ?

Me direz vous ? parce qu’avec le FabLab nous avons travaillé pendant plusieurs mois en préparation du Village des Sciences (début octobre 2022) et qu’un des projets exposés (visant à faire découvrir la polarisation de la lumière) était basé sur les tableaux du peintre creusotin. Je vous ai présenté ce projet dans un article du blog. Un des cadres de l’expo du Village des Sciences a d’ailleurs rejoint la maison Rochette, ce qui permettra aux visiteurs de découvrir les tableaux que nous avions sélectionnés pour le Village des Sciences.

Vous retrouvez ci-dessus les visuels (cliquez pour les agrandir) qui servaient de base aux discussions sur le stand du FabLab lors du Village des Sciences.

En tout état de cause, chez les plus jeunes et les moins jeunes aussi, la science fascine car elle a ce côté encore mystérieux comme cette paire de lunettes polarisante qui permet de voir ce que l’oeil ne capte pas. C’est magique. « Nous démontrons à un enfant qu’un écran d’ordinateur fonctionne avec un film polarisant, que sans ce film, il ne verrait aucune couleur » explique-t-on sur le stand du Fablab. (L’informateur de Bourgogne).

La maison du peintre

L’entrée de la maison. Au rez de chaussée les pièces de vie et l’atelier. A l’étage l’exposition. Les ferronneries visibles sur la droite de la photo ont été dessinées par le peintre et réalisées par un artisan local.

C’est ici qu’on trouve le Raspberry Pi, qui projette les images sur un écran démuni de son filtre polarisant. L’écran est blanc. Il faut porter des lunettes équipées d’un filtre pour voir les images. On voit ici qu’à travers les lunettes on voit très nettement les images.

Florence, fille de Raymond Rochette nous accompagnera tout au long de la visite et présente chaque pièce de la maison, en agrémentant d’anecdotes familiales.

Entre deux membres du FabLab, Luc, fils de Raymond Rochette au centre apporte également des précisions sur la vie dans la maison du peintre.

Guy nous a accompagnés pour la visite. Devenu non voyant, il a travaillé dans les ateliers de l’usine et a côtoyé le peintre lorsqu’il immortalisait les ouvriers au travail dans des conditions dantesques.

Le dernier tableau sur lequel le peintre travaillait quand il est décédé. Tout est resté en état, y compris la palette du peintre.

Florence et Luc peints par leur père lors de leur communion.

Tous les murs sont ornés de tableaux dont certains de grande dimension.

La musique faisait également partie de la vie familiale. La maison a compté jusque trois pianos et divers autres  instruments qui permettaient de découvrir les oeuvres musicales.

Le peintre s’est également essayé à d’autres techniques, ici l’utilisation de matériaux récupérés et des éclairages accompagnent la peinture. La métallurgie est toujours présente.

En cours de visite, Didier (Zetta Drone) écoute les explications des enfants de Raymond Rochette.

La bibliothèque (ici une petite partie) comporte des nombreux ouvrages consacrés à l’art et à la littérature. Raymond Rochette pratiquait également la reliure.

Les marteaux pilons se retrouvent sur plusieurs toiles. Les usines du Creusot ont longtemps utilisé le marteau pilon le plus puissant du monde (jusqu’en 1891)

Les soudeurs en action.

Raymond Rochette a abordé d’autres techniques, comme l’insertion de verre dans le métal ou la sculpture.

Sur ce tableau « Les tréfileurs » pratiquent le tréfilage, une technique qui consiste à réduire la section d’une barre de métal pour l’amener à un diamètre donné. Les tréfileurs attrapent les barres rouges (très chaudes) avec des pinces pour les re-insérer dans un trou de section plus faible. La barre de fer rouge sort en continu et la moindre erreur peut être (était) fatale.

Raymond Rochette a également pratiqué la mosaïque comme ci-dessus. Vous verrez plus haut une table décorée d’oiseaux, réalisée en mosaïque.

La particularité de cette « chaîne » c’est qu’elle est réalisée en bois et a été taillée dans un seul tronc. Tous les anneaux sont accrochés entre eux. Illusion d’optique ? à un moment on semble voir un anneau libre qui descend le long de la chaîne…

Plusieurs ouvrages ont été consacrés au peintre et à son œuvre.

Les membres du FabLab UtoPi pendant la visite.

Presse utilisée par Raymond Rochette pour imprimer ses gravures

Presse pour la gravure

Quelques exemples de gravure sur bois et sur métal.

La pièce consacrée à la pédagogie et aux peinture d’enfants. En bas, au centre de l’image, une pile de peinture de pommes réalisées par les élèves de l’instituteur Rochette. Sur la table à droite une lanterne magique fonctionnelle réalisée par le peintre.

Tableau réalisé en 1940 lors du passage de Raymond Rochette dans l’armée. La consultation de ses lettres a permis de retrouver la date, le lieu et les circonstances de la réalisation de ce tableau.

La visite de la maison se termine, on va passer à l’étage pour l’exposition.

Cet espace qui était en train de se détériorer (humidité, pierres abimées et descellées) a été remis en état par plusieurs personnes pour permettre d’y exposer les œuvres de Raymond Rochette.

Le tableau en haut à gauche représente les remparts de Buxy (merci Jean-Pierre pour les explications).

A l’issue de la visite et dans la plus pure tradition Bourguignonne, les membres du FabLab UtoPi se sont vu offrir un moment convivial autour de quelques boissons et charcuteries locales, vraiment appréciées par tous 😀

A lire pour en savoir plus : https://maitron.fr/spip.php?article174948, notice ROCHETTE Raymond, Claude par Pierre Chaumont, version mise en ligne le 10 août 2015, dernière modification le 13 août 2015.

Sources

Village des sciences – Le palais des mille et une découvertes à la NEF au Creusot

 

 

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À propos François MOCQ

Électronicien d'origine, devenu informaticien, et passionné de nouvelles technologies, formateur en maintenance informatique puis en Réseau et Télécommunications. Dès son arrivée sur le marché, le potentiel offert par Raspberry Pi m’a enthousiasmé j'ai rapidement créé un blog dédié à ce nano-ordinateur (www.framboise314.fr) pour partager cette passion. Auteur de plusieurs livres sur le Raspberry Pi publiés aux Editions ENI.

3 réflexions au sujet de « Visite de la maison « Rochette » »

  1. Eric Landais

    Merci François pour cette super visite virtuelle.

    Des œuvres magnifiques,

    J’ai également appris sur la polarisation appliquée aux écrans LCD

    Eric

    Répondre

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