Publié le 20 novembre 2021 - par

Un relais APRS F1ZYG-3 équipé d’un Raspberry Pi au Mont Saint-Vincent (71)

L’APRS ou Automatic Packet Reporting System (système de transmission automatique par paquets) est un système de radiocommunication numérique utilisé par les radioamateurs. Il permet le partage entre stations radioamateurs d’informations d’intérêt local. L’utilisation la plus connue d’APRS est la transmission de la position géographique des stations et autres éléments liés à l’activité des radioamateurs. L’APRS est fondé sur le même protocole que le packet radio, AX.25, la version amateur de X.25. Le relais radioamateur de Mont Saint-Vincent vient d’être équipé d’un relais APRS.

Un relais APRS F1ZYG-3 équipé d’un Raspberry Pi au Mont Saint-Vincent (71)

Présentation du relais par F5RRB

Jean-François BERNARD (F5RRB – Président FRASEL) : « Depuis de très nombreuses années l’APRS sur le site du relais R6 au Mt St-Vincent (dép 71) n’était plus en fonction en QTH Locator étendu JN26FP70GR. Le QTH-Locator est utilisé pour coder les coordonnées géographiques d’une station ou d’un relais et faciliter sa transmission par radio.

Le pylône du relais R6 – Mont Saint-Vincent (71)

Grâce à Roland F6GDL, le digipeater F1ZYG-3 est sorti de sa « léthargie » début Novembre 2021 et ses trames se font de nouveau entendre sur 144.800 MHz grâce à la réalisation d’un digipeater (répéteur numérique) par Roland F6GDL. Un émetteur-récepteur UV10R (env. 7W) est utilisé. Sa balise est émise toutes les dix minutes. Dans un premier temps, bien qu’opérationnel, nous considérons qu’il est en phase de test dans l’attente de vos retours. Alors n’hésitez surtout pas à le tester en remettant en service vos équipement APRS pour certains ou pour d’autres, profitez de cette nouvelle opportunité qui nous est offerte pour découvrir ce mode (sans forcément passer par vos smartphones HI). Beaucoup de nos transceivers VHF fixes ou mobiles actuels sont équipés APRS. Je salue le travail de notre secrétaire de la FRASEL Roland F6GDL qui a réalisé totalement ce beau montage et rédigé cette information. Merci Roland ! 73’s à tous.« 

Le Mont Saint-Vincent

Carte IGN du Mont Saint-Vincent

Cliquez pour accéder au portail IGN

L’émetteur de Mont-Saint-Vincent, en Saône-et-Loire (région Bourgogne-Franche-Comté), est un site de diffusion pour la télévision (aujourd’hui numérique), la radio FM publique, la téléphonie mobile, le haut débit et les communications mobiles privées. Il se situe au sud du village éponyme et est distant de 27 km du Creusot et de 13 km de Montceau-les-Mines.
Grâce au pylône haubané de 100 mètres de haut, il dessert principalement les 2 villes du Creusot et de Montceau-les-Mines. (source Wikipedia)
Vue du paysage depuis le Mont Saint-Vincent

Photo (c) Adrien Truc

Le Mont Saint-Vincent s’élève à 600 mètres et offre un dégagement dans toutes les directions. C’est la raison pour laquelle l’émetteur de télévision qui diffuse la TNT sur la région y est installé.

Les Pyl^nes du Mont Saint-Vincent - Pylône TV et radioamateur

Photo (c) Maarten vandeSteeg

Sur cette photo on voit à gauche l’émetteur télé. Vous voyez que le pylône porte également de nombreuses antennes, paraboles… ce qui montre l’intérêt technique de ce point Haut. Le « petit » pylône à droite est celui du relais R6 ainsi que du digipeater qui vient d’être mis en service.

Le relais réalisé par F6GDL

Franchement, je n’ai pas beaucoup de mérite… c’est vraiment très simple.

Note de framboise314
N’en croyez rien, la mise en œuvre de ce système combinant micro informatique, électronique et radio nécessite un éventail de compétences important !

Je ne suis pas un spécialiste de Raspberry et je ne fais pas de programmation, mais je bricole beaucoup avec mes 4 Raspberry Pi ( 2 Raspberry Pi 3B+ et deux Pi4 dont un utilisé pour le websdr). j’adore y installer tout ce qui se rapporte à notre hobby.

Info
Un WebSDR est un récepteur de radio logicielle SDR connecté à l’internet, permettant à de nombreux auditeurs de l’écouter et de le syntoniser simultanément. La technologie SDR permet à tous les auditeurs de se syntoniser indépendamment, et donc d’écouter des signaux différents, contrairement aux nombreux récepteurs classiques qui sont déjà disponibles sur l’internet. Vous pouvez accéder au WEBSDR de Roland en cliquant sur ce lien

Le digipeater utilise un Raspberry Pi 3 B+. A droite on voit la carte son USB avec les fils micro et haut-parleur.

Le Raspberry Pi utilisé pour l’APRS est un 3B+ avec Raspberry Pi OS. (pas de ventilo, je ne pense pas que ça soit vraiment nécessaire, du moins je l’espère). L’émetteur-récepteur (TX/RX) est un Baofeng UV10R ( 7w environ en sortie).

Le soft est « DIREWOLF » de WB2OSZ que l’on trouve sur Github, prévu pour Digipeater et IGATE. (dispositif permettant de relayer les stations APRS vers le réseau Internet). Au Mt St-Vincent, toute la partie IGATE est évidemment inutile est à été mise en « # » (commentaire) dans le programme car elle n’est pas utilisée.

Synoptique du digipeater

Il faut modifier le soft en fonction de ses propres paramètres comme par exemple : d’abord l’indicatif, les coordonnées GPS, le texte transmis par la balise et à quel intervalle de temps, le port GPIO du Raspberry Pi utilisé pour le PTT (Push To Talk = passage en émission), et quelques autres paramètres. Le fonctionnement en mode VOX (déclenchement automatique de l’émission à la voix ou si un signal est appliqué à l’entrée micro) avec un UV10R (ou UV5R) s’est avéré très aléatoire et j’ai donc rajouté un petit module PTT très simple mais qui donne satisfaction pour le passage en émission.

Direwolf est génial et simplifie bien les choses quand on ne maitrise pas tout… Sa procédure d’installation se trouve également sur « Github » Quelques bibliothèques sont également à installer comme « libasound2-dev » et « libudev-dev ». Si PulseAudio est présent, il faut le désinstaller.

Clé son USB

La carte son est une simple USB (à 8€) sur laquelle j’ai soudé les fils micro et haut-parleur du Baofeng. Les niveaux « MIC » et « SPK » se modifient par la commande « alsamixer ». J’avoue ne pas avoir encore vraiment trouvé les bons niveaux, Direwolf m’indiquant souvent des niveaux trop hauts ou trop bas, ce qui peut nuire à l’intégralité des trames.

Le souci d’une telle installation en point haut comme c’est le cas sur le site du relais R6 du Mont Saint-Vincent(71) c’est que je n’ai aucune possibilité de surveillance à distance du bon fonctionnement (et j’ai une bonne heure de route depuis mon QRA – chez moi). Par exemple nous avons constaté les premiers jours de la mise en service, une possible interruption de fonctionnement de quelques heures la nuit, mais en se basant uniquement sur les données transmises sur le site aprs.fi.

Les informations affichées sur aprs.fi (cliquer pour agrandir)

Une entrée dans « Crontab » a été rajoutée pour lancer Direwolf automatiquement au démarrage. (Utile en cas de coupure alimentation par exemple).

Installation complète du digipeater APRS

Je regrette un peu, mais ce n’est pas très important, le fait que l’indicatif et le texte émis par notre balise toutes les 10 minutes, ne soient apparemment pas visibles avec les équipements YAESU comme c’est le cas pourtant pour les stations ou relais (qui doivent êtres en YAESU à mon avis pour être visibles). Je m’avance peut-être un peu, Ça reste à confirmer et si quelqu’un peut m’en dire plus à ce sujet. Elles le sont sur le websdr (Raspberry Pi) par contre (sélectionner « Packet » en face « DIG »).

D’anciennes cavités et une antenne 144MHz étaient déjà sur place et ont été réutilisées pour connecter le digipeater APRS. En effet la proximité des antennes sur le pylône crée un risque d’interférences, brouillage, désensibilisation… entre le relais R6 indicatif F1ZDK (Tx = 145,750 MHz, Rx = 145,150 MHz) et le relais APRS qui est sur 144,800 MHz. Ici les cavités vont bloquer la fréquence d’émission du relais R6 mais vont laisser passer la fréquence d’émission du digipeater, avec quand même une légère désensibilisation du Rx APRS sur laquelle il faudra revenir.

L’adaptation de l’antenne est correcte, le SWR (standing wave ratio) ou ROS = Rapport d’ondes stationnaires est inférieur à 1,5.

Conclusion

Merci à Jean-François F5RRB et à Roland F6GDL pour les informations et images ayant permis la réalisation de cet article. Bravo pour la réalisation bénévole de cette installation qui va servir à de nombreux radioamateurs.

J’ai beaucoup appris dans mes jeunes années grâce aux radio-amateurs et aux radio-clubs. C’étaient les FabLab de l’époque, les OM (radioamateurs) y partageaient leurs connaissances et mettaient le matériel en commun. C’est toujours vrai dans les radio-clubs aujourd’hui, même s’ils sont un peu éclipsés par les FabLab. Mais si vous souhaitez découvrir le monde de la radio amateur n’hésitez pas à vous rapprocher d’un radio-club près de chez vous, vous povuez consulter la liste en suivant ce lien.

Se former à la radio-amateur en Saône et Loire :

Radio-Club de Montceau-les-Mines F6KJS

Accueil

Radio-Club de Chalon-sur-Saône F6KMF

Maison des associations – CRAC
4, Rue Jules Ferry
Chalon sur Saône

Contact : s.michaudet@orange.fr

Radio-Club du Brionnais F4KLH

https://www.leradioscope.fr/blog/585-preparation-a-la-licence-radioamateur-cours-f4klh-saison-2

Sources

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À propos François MOCQ

Électronicien d'origine, devenu informaticien, et passionné de nouvelles technologies, formateur en maintenance informatique puis en Réseau et Télécommunications. Dès son arrivée sur le marché, le potentiel offert par Raspberry Pi m’a enthousiasmé j'ai rapidement créé un blog dédié à ce nano-ordinateur (www.framboise314.fr) pour partager cette passion. Auteur de plusieurs livres sur le Raspberry Pi publiés aux Editions ENI.

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