Publié le 13 mars 2026 - par

Recalbox 10 : une évolution majeure du retrogaming sur Raspberry Pi, PC, Steam Deck… et même sur CRT ou borne JAMMA

Sur Framboise314, j’ai déjà eu l’occasion de vous parler de Recalbox à plusieurs reprises, et vous pouvez retrouver ces articles via cette recherche : Recalbox sur Framboise314. Avec la sortie de Recalbox 10, le projet franchit clairement un nouveau cap. Il ne s’agit pas d’une simple mise à jour cosmétique, mais d’une évolution importante de la distribution. Nouvelle interface, expérience utilisateur revue, prise en charge de nouveaux matériels : la V10 change vraiment d’échelle.
Recalbox ne vise plus seulement le Raspberry Pi du salon, mais aussi le PC, le Steam Deck, le CRT et la borne d’arcade. Le projet open source français affirme ainsi encore davantage son ambition : proposer une solution de retrogaming complète, accessible et fidèle aux machines d’origine.Cette version 10 mérite donc qu’on s’y arrête, tant pour ses nouveautés que pour la direction qu’elle donne au projet.

Recalbox 10 : une évolution majeure du retrogaming sur Raspberry Pi, PC, Steam Deck, CRT et borne d’arcade

Recalbox 10 : une nouvelle étape pour le projet

Avec Recalbox 10, le projet français de retrogaming franchit un cap important. Après plus de dix ans d’existence, cette nouvelle version ne se contente pas d’ajouter quelques options ou de corriger des détails : elle marque une vraie évolution dans la manière dont Recalbox se positionne aujourd’hui dans l’univers de l’émulation.

À l’origine, beaucoup d’utilisateurs ont découvert Recalbox comme une solution simple et efficace pour transformer un Raspberry Pi en console de jeux rétro. J’étais d’ailleurs présent au premier Raspberry Pi Jam de Courthézon au cours duquel Matthieu (@DigitalLumberjack) a présenté le projet.

Raspberry Pi Jam de Courthézon – Février 2015

2015… Ça ne nous rajeunit pas !!!  Au fil des années, le projet s’est étoffé, a gagné en maturité et s’est ouvert à de nouveaux usages. Avec cette V10, cette montée en puissance devient très visible : nouvelle interface, nouveaux matériels pris en charge, nouvelles fonctions et volonté affirmée de couvrir aussi bien le jeu sur écran moderne que les usages plus « puristes » sur CRT ou borne d’arcade.

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Recalbox 10 montre aussi qu’on n’est plus face à un simple système à installer sur une carte microSD. Le projet devient un véritable écosystème, mêlant logiciel open source, compatibilité matérielle étendue et accessoires dédiés pour retrouver des sensations de jeu au plus près des machines d’origine. Cette évolution donne une nouvelle dimension à Recalbox, tout en conservant ce qui a fait son succès : une approche accessible, pratique et pensée pour jouer rapidement.

Recalbox 10 sur Raspberry Pi : une compatibilité large et une installation facilitée

Bonne nouvelle pour les amateurs de Raspberry Pi : Recalbox 10.0.1 est proposé pour les Raspberry Pi 5, Raspberry Pi 4 / 400 en 64 bits, Raspberry Pi 3, Raspberry Pi Zero 2, le CM4, ainsi que plusieurs déclinaisons autour des GPi Case. La page officielle de téléchargement affiche clairement les cartes compatibles et la version associée, ce qui permet de voir d’un coup d’œil où l’on profite pleinement de la V10 et où l’on reste encore sur une branche plus ancienne.

On constate ainsi que les modèles les plus récents bénéficient bien de Recalbox 10.0.1, tandis que certains matériels plus anciens ou plus spécifiques restent sur des versions antérieures, par exemple 9.2.3-Pulstar pour certains montages à base de Zero, ou 8.0.1-Electron pour le Raspberry Pi 2 et le Raspberry Pi 4 / 400 en 32 bits. Avant de ressortir une ancienne carte d’un tiroir, un passage par la page officielle de téléchargement permet donc de vérifier immédiatement la version réellement disponible pour votre matériel.

Pour consulter la compatibilité des modèles Raspberry Pi, rendez-vous sur la page officielle : Téléchargements Recalbox pour Raspberry Pi.

Autre point appréciable : Recalbox est directement intégré dans Raspberry Pi Imager. Il suffit de choisir le modèle de Raspberry Pi concerné, puis de sélectionner l’image Recalbox correspondante dans l’utilitaire officiel. L’image est alors récupérée automatiquement par Raspberry Pi Imager au moment de l’écriture sur la carte microSD, ce qui simplifie nettement la préparation du système.

Pour l’utilisateur, c’est un vrai confort. Plus besoin d’aller chercher manuellement le bon fichier image, de vérifier qu’il correspond bien à la bonne carte, puis d’utiliser un second utilitaire de flash. Tout se fait depuis la même interface, sous Windows, macOS ou Linux. C’est simple pour les débutants, pratique pour les habitués, et assez cohérent avec la philosophie de Recalbox : rendre le retrogaming accessible rapidement, sans transformer la préparation de la carte microSD en mini-boss de fin de niveau.

Une interface modernisée et de vraies nouveautés pour l’utilisateur

S’il y a bien un domaine où Recalbox 10 change vraiment le quotidien, c’est l’interface utilisateur. L’équipe n’a pas simplement retouché deux icônes ou déplacé trois menus : le frontend a été revu en profondeur pour offrir une navigation plus rapide, plus claire et plus agréable, même lorsque la machine embarque un très grand nombre de systèmes. Recalbox annonce d’ailleurs une interface fluide, y compris avec plus de 150 systèmes activés, grâce à un nouveau gestionnaire de textures et à un chargement des images en arrière-plan.

Visuellement, cette version 10 apporte aussi un nouveau thème par défaut, plus moderne et personnalisable. Surtout, le changement de thème devient bien plus simple grâce à l’arrivée d’un gestionnaire de thèmes intégré : il est possible de prévisualiser, télécharger et installer un thème directement depuis l’interface, sans passer par des manipulations externes. Pour l’utilisateur, c’est un vrai plus : on personnalise sa Recalbox en quelques clics au lieu d’aller fouiller dans les fichiers comme un archéologue du pixel.

Les menus ont eux aussi été réorganisés pour être plus intuitifs, avec une navigation plus logique et un accès plus rapide aux options courantes. Recalbox 10 permet également d’afficher ou de masquer les systèmes à la volée, sans redémarrage, ce qui est très pratique pour épurer l’interface et ne garder que les consoles réellement utilisées. Sur une machine familiale ou une borne dédiée, cela évite de se retrouver avec une liste interminable de plateformes que personne ne lance jamais.

Mais les vraies nouveautés ne s’arrêtent pas à l’habillage. Recalbox 10 introduit aussi de nouveaux outils pour mieux gérer les listes de jeux, avec en vedette la fonction One Game One ROM (1G1R). Son principe est simple : regrouper automatiquement les différentes versions d’un même jeu selon les priorités régionales choisies. Fini, ou du moins fortement réduit, l’effet catalogue à rallonge avec dix fois le même titre en version Europe, USA, Japon, beta, rev A, rev B et cousin germain. Pour ceux qui aiment les listes propres, c’est une avancée très concrète.

La recherche et le tri progressent également. Recalbox 10 permet par exemple de retrouver les différentes versions d’un même jeu sur plusieurs plateformes, mais aussi de naviguer par licence. Chercher tous les jeux d’une série comme Street Fighter ou classer une ludothèque par genre, nombre de joueurs, région, développeur ou temps de jeu devient bien plus naturel. Ce sont des détails, certes, mais ce sont précisément ces détails qui rendent une interface agréable à utiliser au quotidien.

Enfin, la gestion des favoris et des listes a été améliorée elle aussi : retour des favoris en haut de liste, meilleure conservation des préférences utilisateur, mise à jour plus souple de la gamelist et simplification de certaines opérations directement depuis l’interface. Bref, Recalbox 10 ne se contente pas d’être plus joli : il devient aussi plus intelligent, plus souple et mieux pensé pour celles et ceux qui ont accumulé des bibliothèques de jeux parfois aussi dodues qu’une collection de cartouches dans un grenier de passionné.

Steam Deck, PC portables et nouvelles plateformes : Recalbox change de dimension

Avec la version 10, Recalbox ne se limite plus au seul Raspberry Pi et s’ouvre clairement à une nouvelle famille de machines : les consoles-PC portables. Le Steam Deck est désormais pris en charge, aussi bien dans sa version LCD que OLED, et Recalbox met également un pied du côté de la ROG Ally et de la Legion Go, même si le support de ces deux dernières reste annoncé comme plus expérimental.

Le Steam Deck semble d’ailleurs particulièrement bien intégré. Recalbox met en avant la gestion native du volume, de la luminosité, du mode veille, du Wi-Fi et du Bluetooth, ce qui permet de retrouver une expérience assez naturelle sur cette machine. L’idée est séduisante : profiter à la fois de SteamOS pour les jeux récents, et de Recalbox pour replonger dans les consoles et bornes d’arcade de notre jeunesse, le tout sur le même appareil.

Pour les autres consoles-PC portables comme la ROG Ally ou la Legion Go, l’approche est plus prudente. Recalbox les prend en charge, mais avec certaines limites, notamment une installation moins souple et un fonctionnement encore présenté comme expérimental. Ce n’est donc pas forcément une raison suffisante pour acheter une de ces machines uniquement pour le retrogaming, mais c’est un bonus intéressant pour ceux qui en possèdent déjà une.

Cette ouverture à de nouveaux matériels s’accompagne aussi d’une progression du côté des systèmes émulés. Sur PC et Steam Deck, Recalbox 10 ajoute la Xbox originale. C’est un signal fort, car on entre ici dans une génération de machines longtemps plus délicate à émuler correctement sans une configuration musclée.

Sur Raspberry Pi 5, Recalbox 10 élargit aussi sérieusement le terrain de jeu avec l’arrivée du Sega Model 3, de la Nintendo DS, de la GameCube et des WiiWares.

Cela montre bien le chemin parcouru : il y a encore peu de temps, voir ce type de systèmes tourner de façon convaincante sur un Raspberry Pi relevait davantage du fantasme de passionné que de l’usage réel.

Il faut toutefois noter que pour ces émulations plus ambitieuses, Recalbox vise un Raspberry Pi 5 avec 4 Go de mémoire au minimum.

Enfin, l’arcade n’est pas oubliée dans cette montée en gamme. Recalbox annonce des optimisations importantes sur MAME et FBNeo, en particulier sur Raspberry Pi 5. En clair, la version 10 ne se contente pas d’ajouter des noms prestigieux à la liste des systèmes compatibles : elle cherche aussi à améliorer les performances et le confort d’utilisation sur les plateformes déjà prises en charge. Et ça, pour les amateurs de shoot’em up nerveux, de jeux de baston qui cognent dur ou de bornes à l’ancienne, ce n’est pas un détail.

CRT, bornes d’arcade et authenticité : Recalbox soigne les puristes

Avec Recalbox 10, l’équipe ne s’adresse pas seulement aux joueurs installés devant un écran HDMI moderne. Cette version montre aussi une vraie volonté de choyer les amateurs de sensations plus authentiques, ceux qui veulent retrouver le rendu d’un téléviseur CRT ou l’ambiance d’une borne d’arcade. Et sur ce terrain, la V10 ne fait pas semblant.

L’un des points forts de cette version est la prise en charge du RGB DUAL 2, pensé pour rejouer sur téléviseur cathodique en profitant d’une sortie adaptée. Recalbox met en avant une refonte complète de la gestion des modes CRT, avec des résolutions dynamiques et une compatibilité 15 kHz et 31 kHz. En clair, on ne parle pas d’un simple gadget pour nostalgiques, mais d’un vrai travail pour retrouver une image plus proche de celle des machines d’époque.

 

Autre détail malin : l’option « priorité au HDMI » permet de brancher temporairement un écran moderne sans avoir à tout déconnecter. C’est typiquement le genre d’idée pratique qu’on apprécie quand on bricole une configuration un peu pointue : on peut régler, tester ou dépanner facilement, puis revenir sur l’affichage CRT sans sortir le tournevis… et les jurons.

Du côté de l’arcade, Recalbox 10 ajoute aussi la compatibilité avec le RGB JAMMA 2, destiné aux bornes d’arcade JAMMA. Là encore, l’objectif est clair : proposer une intégration plus sérieuse dans de vraies bornes, avec prise en charge du 15 kHz et du 31 kHz, mais aussi du 24 kHz sur JAMMA. Recalbox annonce également l’accès au service mode et aux DIP switches, ainsi que le support des high scores pour MAME. Pour les amateurs de PCB, de sticks et d’écrans tube, on est là dans le dur du sujet.

 

Ce positionnement est intéressant, car il distingue clairement Recalbox d’une simple distribution d’émulation “grand public”. La V10 cherche à couvrir à la fois l’utilisateur qui veut brancher un Raspberry Pi 5 sur sa télé du salon, et celui qui rêve de redonner vie à une borne ou de rejouer sur un écran cathodique avec un rendu cohérent. Peu de solutions arrivent à parler à ces deux publics sans se perdre en route.

Au final, cette orientation CRT et arcade donne une vraie personnalité à Recalbox 10. On sent que le projet ne veut pas seulement faire tourner des ROMs proprement : il cherche aussi à recréer une expérience de jeu la plus fidèle possible, que ce soit dans le salon, dans un atelier de maker ou devant une borne qui sent bon les pièces de 10 francs et les après-midi passés à marteler les boutons.

Un écosystème complet : Card Reader, RecalCards, boutique et open source

Avec Recalbox 10, on sent bien que le projet ne veut plus être seulement une distribution à télécharger pour lancer quelques ROMs sur un Raspberry Pi. Recalbox devient un véritable écosystème, avec son logiciel, ses accessoires, ses modules matériels dédiés et même sa boutique officielle. Cette évolution est intéressante, car elle montre une volonté d’aller au-delà du simple système d’émulation pour proposer une expérience cohérente, du téléchargement jusqu’au matériel utilisé au quotidien.

Parmi les nouveautés les plus originales, le Recalbox Card Reader et les RecalCards apportent une touche franchement rétro. Le principe est simple et assez réjouissant : on associe un jeu à une carte, on l’insère dans le lecteur, et le jeu se lance comme s’il s’agissait d’une cartouche ou d’un support physique. Ce n’est pas indispensable pour jouer, bien sûr, mais l’idée est amusante, bien pensée, et elle parle immédiatement à tous ceux qui ont connu le plaisir de souffler sur une cartouche avant de la réinsérer dans la console. Ici, au moins, pas besoin de souffler : juste de profiter du clin d’œil.

 

La boutique officielle propose d’ailleurs plusieurs déclinaisons autour de ce concept, avec le Card Reader, des lots de RecalCards, ainsi que des kits personnalisables. Le lecteur lui-même est livré avec plusieurs façades interchangeables afin de rappeler différents univers visuels inspirés des consoles d’époque.

Recalbox pousse donc assez loin l’idée d’une expérience retrogaming qui ne se limite pas à l’écran, mais qui passe aussi par l’objet, le geste, et un petit supplément d’âme qu’un simple menu logiciel ne peut pas toujours offrir.

 

Au-delà du Card Reader, la boutique officielle regroupe aussi les autres produits de l’univers Recalbox : kits personnalisables, modules RGB, accessoires et goodies. On voit bien ici que Recalbox structure désormais une offre complète, capable de parler aussi bien au maker qui monte sa machine pièce par pièce qu’à l’utilisateur qui préfère une solution plus intégrée et plus rapide à mettre en œuvre. C’est aussi une manière pour le projet de financer son développement tout en gardant une forte identité.

Et malgré cette montée en gamme matérielle, Recalbox reste fidèle à son ADN open source. Le projet dispose d’un dépôt officiel public sur GitLab, où l’on retrouve le code, les releases et l’évolution du système. Ce point est important : derrière les accessoires, la boutique et les kits, on reste bien face à un projet ouvert, développé dans la durée, avec une vraie base communautaire et technique. Autrement dit, Recalbox 10 ne se contente pas de jouer la carte de la nostalgie ; il combine désormais une distribution mature, un matériel dédié et une logique de plateforme complète, sans renier ses racines.

Des retours rapides, une version 10.0.1 déjà disponible et quelques points à surveiller

Comme souvent avec une grosse mise à jour, la sortie de Recalbox 10 a suscité beaucoup d’enthousiasme… mais aussi une série de retours d’utilisateurs dans les jours qui ont suivi. C’est plutôt bon signe : cela montre d’abord que la version a été rapidement adoptée, mais aussi que l’équipe a dû gérer les petits défauts inévitables d’une mouture aussi ambitieuse. Recalbox le reconnaît d’ailleurs clairement sur son site, en expliquant que les retours de la communauté ont permis d’identifier plusieurs bugs corrigés peu après la sortie.

Résultat : une mise à jour Recalbox 10.0.1 a été déployée dès le 23 février 2026, soit quelques jours seulement après la sortie initiale de la V10. Cette mise à jour est présentée comme une version 100 % bugfix, sans nouvelle fonctionnalité, mais avec une vingtaine de corrections destinées à stabiliser l’ensemble et à polir l’expérience utilisateur.

Parmi les correctifs apportés, on trouve des améliorations concernant la mise à jour de la gamelist, les métadonnées, le re-scraping, la gestion de certains téléchargements de médias, l’affichage de la fenêtre BIOS en HDMI, le son des vidéos de boot, ou encore des corrections touchant le gestionnaire de textures. C’est cohérent avec ce qu’on attend d’une version qui refond justement l’interface et la gestion des bibliothèques : les premiers retours se sont logiquement concentrés sur ces nouveaux éléments.

Les utilisateurs CRT et arcade n’ont pas été oubliés dans cette première vague de correctifs. Recalbox 10.0.1 corrige aussi plusieurs points liés au frontend sur CRT, à certains modes 240p, aux jeux TATE et à l’intégration des DACs. Même le support de périphériques particuliers comme les spinners a eu droit à une retouche. Autrement dit, l’équipe n’a pas uniquement traité les petits bobos de surface : elle a aussi ajusté les usages plus pointus, ceux qui intéressent justement les passionnés les plus exigeants.

Tout n’est cependant pas encore totalement réglé. La FAQ officielle Recalbox 10 mentionne encore plusieurs points connus. Sur PC, par exemple, il n’est pas possible de mettre à jour directement une installation en version 9.2.3 ou inférieure vers Recalbox 10 : il faut passer par une installation propre, en sauvegardant au préalable les dossiers ROMS, BIOS et SAVES. Ce n’est pas dramatique, mais mieux vaut le savoir avant de lancer la manœuvre comme un goret un dimanche après-midi.

La FAQ signale également un souci avec le softpatching : la fenêtre de sélection apparaît bien, mais aucun jeu ne se lance ensuite dans certains cas. Recalbox indique qu’un contournement existe en utilisant uniquement l’option Auto lorsqu’un seul patch est présent pour le jeu concerné. L’équipe précise aussi que ce point doit être corrigé dans une future version 10.0.2. Même logique du côté de Moonlight sur PC, temporairement indisponible le temps que le problème soit résolu.

Un autre conseil intéressant donné par Recalbox dans sa FAQ mérite d’être repris ici : en cas de comportement étrange après une mise à jour, un retour aux paramètres d’usine depuis les options avancées peut résoudre pas mal de soucis sans effacer les ROMs, BIOS ni sauvegardes. En revanche, il faudra refaire les réglages de la machine et des manettes. Ce n’est pas la baguette magique universelle, mais c’est clairement une piste à garder sous le coude avant de tout réinstaller.

Au final, les premiers retours autour de Recalbox 10 dressent un tableau assez classique pour une version majeure : beaucoup d’attentes, une adoption rapide, quelques bugs de jeunesse, puis une réactivité plutôt rassurante de l’équipe avec une 10.0.1 rapidement publiée. Rien qui remette en cause l’intérêt de cette V10, mais assez pour rappeler qu’une grosse évolution ne s’installe pas toujours sans quelques coups de lime. Disons que la borne est bien lancée… mais qu’il reste encore deux ou trois réglages à peaufiner pour qu’elle claque parfaitement.

Recalbox est fourni sans jeux commerciaux : ce qu’il faut savoir

Un point important doit être précisé pour les débutants : Recalbox est fourni sans jeux commerciaux sous copyright. N’espérez donc pas retrouver dès l’installation toute la ludothèque de votre enfance prête à l’emploi. En revanche, le système n’est pas vide : Recalbox intègre déjà des jeux gratuits, des homebrews et des démos, ce qui permet de tester immédiatement la machine et de jouer dès le premier démarrage.

BIOS, ROMs et jeux : de quoi parle-t-on ?

Quand on débute dans le retrogaming, trois termes reviennent souvent : BIOS, ROMs et jeux.
Pas de panique, ce n’est pas sorcier.

Une ROM, c’est tout simplement la copie du contenu d’une cartouche, d’une disquette, d’un CD ou d’un support de jeu d’origine.
C’est donc le jeu lui-même, sous forme de fichier que l’émulateur va pouvoir lancer.

Le BIOS, lui, correspond au petit programme interne présent dans certaines consoles ou bornes d’arcade. On peut le comparer au microprogramme de démarrage de la machine.
Certains systèmes en ont besoin pour fonctionner correctement dans un émulateur.

En résumé : la ROM contient le jeu, tandis que le BIOS permet à la console émulée de démarrer et de se comporter comme l’originale.
Sans ROM, pas de jeu. Sans BIOS, certains systèmes refusent de démarrer ou fonctionnent mal.

Enfin, quand on parle de copie de cartouche, il s’agit du fait d’extraire le contenu d’un jeu original pour en faire un fichier ROM.
C’est ce fichier que l’on place ensuite dans Recalbox pour retrouver ses jeux sur une machine moderne.

Pour profiter pleinement des consoles émulées, il faudra ensuite ajouter légalement vos propres ROMs, et dans certains cas les BIOS nécessaires au fonctionnement de certains systèmes. Recalbox propose d’ailleurs sur son wiki des indications pour trouver des ROMs 100 % légales. Mieux vaut donc le savoir avant de se lancer : Recalbox est prêt à fonctionner, mais ce n’est pas une caverne d’Ali Baba remplie de jeux commerciaux préinstallés.

Où placer les BIOS et les ROMs dans Recalbox ?

Dans Recalbox, tout s’organise autour du dossier share, accessible par le réseau ou directement sur la carte microSD.
Les ROMs, c’est-à-dire les fichiers des jeux, se rangent dans share/roms/, puis dans un sous-dossier propre à chaque machine : par exemple share/roms/snes/ pour la Super Nintendo, share/roms/megadrive/ pour la Mega Drive ou share/roms/psx/ pour la PlayStation.

Les BIOS, eux, se placent généralement dans share/bios/.
Ce sont les fichiers système nécessaires au démarrage ou au bon fonctionnement de certaines consoles et bornes d’arcade. Recalbox permet ensuite de vérifier leur présence et leur validité directement depuis son interface avec le menu START > Vérification des BIOS.

Attention : pour que cela fonctionne, le nom des fichiers doit être exact, et dans certains cas leur empreinte MD5 doit correspondre à celle attendue par Recalbox. Un BIOS mal nommé, incomplet ou corrompu ne sera pas reconnu, même s’il est placé dans le bon dossier.

Pour les débutants, le plus simple est donc de retenir ceci :
les jeux vont dans les dossiers de consoles dans « roms »,
et les BIOS vont dans le dossier « bios ».
Recalbox affiche ensuite les systèmes compatibles et utilise les fichiers présents pour lancer les jeux.

Où trouver ces fichiers ? Pour les ROMs, la solution la plus propre est d’utiliser vos propres sauvegardes de jeux ou des sources 100 % légales : jeux homebrew, freeware, domaine public, ou titres proposés officiellement par leurs éditeurs.
Le wiki Recalbox recense d’ailleurs plusieurs pistes légales pour différentes machines.

Pour les BIOS, c’est plus délicat : ils ne sont pas fournis avec Recalbox et sont généralement propriétaires. En pratique, ils devraient provenir de votre propre matériel d’origine. Mieux vaut éviter les packs douteux récupérés au hasard sur Internet : entre les questions légales, les mauvais fichiers et les archives bancales, c’est souvent la meilleure façon de perdre du temps… et ses nerfs.
Note de framboise314 : en cherchant bien…

Avant de se lancer

Avant d’installer Recalbox 10, mieux vaut prendre deux minutes pour vérifier que votre matériel est bien compatible avec la version souhaitée. Tous les Raspberry Pi ne bénéficient pas forcément de la même version, et certains matériels plus anciens restent sur une branche précédente. Un détour par la page officielle de téléchargement évite donc les mauvaises surprises.

Si vous mettez à jour une installation existante, une sauvegarde des dossiers ROMs, BIOS et sauvegardes est vivement conseillée avant toute manipulation. C’est même indispensable dans certains cas, notamment si vous venez d’une ancienne version sur PC, où une réinstallation propre peut être nécessaire.

Bonne nouvelle pour ceux qui manquent de place sur la carte microSD : Recalbox permet d’utiliser une clé USB ou un disque dur externe comme espace de stockage. Les ROMs, BIOS, sauvegardes et autres fichiers du dossier share peuvent ainsi être déplacés sur un support USB, la carte microSD ne servant alors plus qu’à démarrer le système. C’est une solution pratique pour augmenter la capacité de stockage et faciliter les réinstallations sans perdre sa ludothèque.

Enfin, si un comportement étrange apparaît après installation ou mise à jour, inutile de paniquer tout de suite. Un passage par la FAQ officielle et, si besoin, une réinitialisation des paramètres d’usine peuvent parfois remettre les choses d’équerre sans toucher aux ROMs ni aux sauvegardes. En matière de retrogaming comme ailleurs, mieux vaut partir proprement que foncer manette en avant.

⚠️ FAQ : Mes sauvegardes Recalbox 9 sont-elles compatibles ?

C’est la question que beaucoup d’entre vous se posent avant de franchir le pas vers cette version « Pulse ». Voici ce qu’il faut retenir pour éviter toute déception :

  • Sauvegardes « In-Game » (fichiers .srm) : Aucun problème ! Vos sauvegardes classiques (celles effectuées directement via le menu du jeu, comme sur une carte mémoire d’origine) sont parfaitement reconnues par Recalbox 10.
  • Save States (sauvegardes rapides) : Prudence ! En raison de la mise à jour des cœurs d’émulation (RetroArch), les clichés instantanés créés sous Recalbox 9 peuvent s’avérer incompatibles ou instables. Ne comptez pas exclusivement sur eux pour reprendre votre progression.
  • Fichier de configuration : Il est vivement recommandé de ne pas réutiliser votre ancien recalbox.conf. La version 10 introduit des changements majeurs, notamment dans la gestion du système audio, et repartir sur une base propre vous évitera bien des bugs.

Le conseil de Framboise314 : Avant toute mise à jour majeure, prenez l’habitude de copier votre dossier saves sur un support externe. C’est une manipulation simple qui vous garantit une tranquillité d’esprit totale !

Conclusion

Avec cette version 10, Recalbox franchit clairement une nouvelle étape. Le projet ne se contente plus d’être une solution pratique pour transformer un Raspberry Pi en console rétro : il devient une plateforme beaucoup plus large, capable de s’adapter au PC, au Steam Deck, aux écrans CRT et même aux bornes d’arcade.

Cette montée en puissance se voit à plusieurs niveaux : interface modernisée, nouvelles fonctions de tri et d’organisation, compatibilité matérielle élargie, accessoires dédiés, et volonté assumée de proposer une expérience à la fois simple pour les débutants et suffisamment poussée pour les passionnés exigeants.

Bien sûr, comme souvent avec une grosse évolution, tout n’est pas encore parfait et quelques correctifs ont déjà suivi la sortie initiale. Mais l’essentiel est là : Recalbox 10 montre que le projet continue d’avancer, de mûrir et de prendre de l’ampleur sans renier son ADN open source ni son amour des machines qui ont marqué l’histoire du jeu vidéo.

Pour celles et ceux qui aiment bidouiller un Raspberry Pi, redonner vie à un ancien PC ou retrouver les sensations d’une console ou d’une borne d’époque, cette V10 mérite clairement le détour. Bref, Recalbox 10 ne joue plus seulement la carte de la nostalgie : il construit désormais un véritable univers retrogaming cohérent, moderne et sacrément séduisant.

 

Sources

https://www.recalbox.com/fr/https://wiki.recalbox.com/fr/homehttps://www.twitch.tv/recalboxhttps://gitlab.com/recalbox/recalbox

À propos François MOCQ

Électronicien d'origine, devenu informaticien, et passionné de nouvelles technologies, formateur en maintenance informatique puis en Réseau et Télécommunications. Dès son arrivée sur le marché, le potentiel offert par Raspberry Pi m’a enthousiasmé j'ai rapidement créé un blog dédié à ce nano-ordinateur (www.framboise314.fr) pour partager cette passion. Auteur de plusieurs livres sur le Raspberry Pi publiés aux Editions ENI.

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