Publié le 6 janvier 2017 - par

Eggs-Iting, le poulailler connecté avec un Raspberry Pi 3

Aujourd’hui, près de 75% des poules pondeuses ne voient pas la lumière du jour et ne possèdent qu’un espace équivalent à une feuille A4 pour vivre.
En 2012, l’Europe a élargi cette surface en ajoutant l’équivalent de deux tickets de métro.
Ni la poule, ni l’éleveur n’y ont gagné : seuls les vendeurs de cages ont profité de cette nouvelle réglementation.

Eggs-Iting : un poulailler connecté à base de Raspberry Pi 3

L’industrie de l’œuf marche sur la tête

Les conditions d’élevage sont tellement délirantes que les associations ne pensent même plus à une alternative à ce mode de consommation mais proposent de ne plus consommer d’œufs.

Eggs iting propose de changer de système pour entrer dans un cercle vertueux.

Le poulailler connecté Eggs iting en détail

Un poulailler de conception modulaire

L’installation et la personnalisation du poulailler eggs-iting est favorisée par une conception modulaire à base de briques en bois massif usinées.
Façonnées à partir d’essences locales dont la production respecte les standards PEFC (gestion durable de la forêt), les briques sont également proposées à la vente individuellement (en vue d’amélioration ou de remplacement d’éléments abîmés).

Tous les éléments de eggs-iting sont compatibles et connectables, offrant aux utilisateurs de nombreuses possibilités de personnalisation et d’amélioration.

Un poulailler autoalimenté

Le poulailler connecté est autoalimenté par un panneau solaire rechargeant des batteries GEL/AGM tout en optimisant la capacité de la batterie et les cycles de charge. La consommation est maîtrisée par l’utilisation d’une carte SBC (Solar Battery Charger) de qualité industrielle et d’un bon rendement.

Les capteurs du poulailler connecté

Le poulailler est équipé de plusieurs capteurs : luminosité, humidité, température, présence de l’animal, niveau de grain et d’eau, d’une caméra permettant d’identifier les œufs dans les nids… Ainsi que de mécanismes permettant d’ouvrir et fermer la porte du poulailler de manière automatique.
Toutes ces technologies ont été réfléchies afin de ne pas impacter les poules de quelque manière que ce soit.

Les différents capteurs permettent de récupérer un certain nombre de données, qui, une fois traitées par les serveurs eggs-iting, permettent d’informer l’éleveur, de lui offrir des recommandations et de l’accompagner dans sa démarche éco-responsable de (re)prise en main de sa consommation.
Ceci permet également d’ajouter une couche ludique permettant de se lancer des défis en famille ou au sein d’une entreprise. Toutes ces informations sont disponibles sur une plateforme web et mobile.

L’ouverture de l’API permettra aux développeurs de créer des jeux et applications pour la communauté.
Le but est donc de réintroduire des poulaillers chez les particuliers mais également dans les entreprises disposant d’espaces verts dont l’entretien est souvent une problématique, ainsi que dans les établissements scolaires afin de réduire le volume de déchets et de permettre un apprentissage des gestes éco-responsables.

Quel est le contenu du tableau de bord ?

Le dashboard (tableau de bord) a été pensé pour faciliter son utilisation (navigation, couleurs, compatible avec les mobiles…).

Sur cette première version, dès que vous vous connectez à votre dashboard, vous retrouvez un récapitulatif qui affiche le nombre d’œufs dans les nids, le niveau de graine, le niveau d’eau et la température.

En dessous vous retrouvez deux colonnes, celle de gauche contient les derniers événements chronologiques (que l’on appelle : la timeline). Son design rappelle celui utilisé par de nombreux réseaux sociaux auxquels beaucoup de personnes sont habituées maintenant. A droite, vous retrouvez des statistiques, des recettes ou tout autre widget que vous voudrez afficher. Tout est paramétrable pour répondre au mieux aux attentes de l’utilisateur.

Les statistiques

Il existe également une page dédiée à votre poulailler. Elle reprend certaines statistiques sur la ponte, la nourriture, l’eau, la température, l’humidité et la luminosité par exemple. Vous y trouvez également la liste des copines (c’est comme ça que sont appelées les poules) qui logent dans ce poulailler, son album photo et ses paramètres (emplacement, modèle, nom, connectivité, …).

De même chacune des copines possède sa page personnelle avec des données relatives à sa ponte, son carnet de santé, des photos et les données complémentaires, telles que le numéro et la couleur de la bague, son nom, etc.

Une boutique d’applications devrait voir le jour, permettant de gérer au mieux votre poulailler et/ou de vous amuser au travers de jeux pour toute la famille.

Le Raspberry Pi 3, cerveau du poulailler

Comme vous l’avez peut-être vu sur une des photos ci-dessus, le poulailler  est effectivement « animé » par un Raspberry Pi 3. L’autonomie en énergie est assurée grâce à un panneau solaire, un chargeur et une batterie au gel.

La communication : SIGFOX et LORA

L’autonomie en terme de communication est également assurée (SIGFOX | LORA) : pas besoin de wifi, de câble Ethernet ou de forfait mobile/data.

Le choix du Raspi 3 découle de plusieurs raisons :

Il est facile à trouver, les sources sont fiables et stables, la couche software en constante évolution, il est facile à alimenter (5V, USB), il dispose de 4 ports USB (pour y connecter des webcams bon marché), le WiFi et le Bluetooth sont intégrés.

Les différents capteurs

Le Raspberry Pi 3 pilote et exploite plusieurs capteurs et actionneurs, plus ou moins directement :

  • 2 caméras USB
  • 2 lecteurs RFID
  • 2 sources d’éclairage
  • 1 moteur pour la porte
  • 2 fin de course pour la porte
  • 1 capteur de température/humidité/luminosité
  • 1 circuit de contrôle de charge de la batterie (courant/tension/température)
  • 1 capteur de niveau d’eau
  • 1 capteur de niveau de graines

Étant donné le nombre de périphériques à piloter, certaines tâches sont déléguées à des « petits » Arduino (type nano/micro).

Le logiciel

Coté software, le RasPi fait tourner, sous nodeJS, une appli de traitement d’image entièrement codée en JS. Celle-ci se charge de compter le nombre d’oeufs présents dans les nids, dès lors qu’une poule quitte le nid. (plus d’informations ici)

Les poules sont détectées par les nids grâce à une bague RFID 125 dont l’ID est lu par un lecteur placé sous le sol du nid.

Le projet est actuellement en phase de prototypage. Une version fonctionnelle (et commercialisable) du poulailler devrait voir le jour d’ici au printemps 2017.

Dans les développements encore en cours on peut noter la porte, par exemple, qui n’est qu’à l’état de concept (une première version devrait voir le jour bientôt).

L’équipe

De gauche à droite : Nicolas, Florian, Benjamin et Arnaud

« Si de nombreux projets tentent de connecter un poulailler, nous cherchons de notre côté à créer un poulailler connecté : ce qui entraîne quelques contraintes supplémentaires : Notre poulailler devra pouvoir être monté/assemblé sans outillage ni compétences particulières, il devra pouvoir être transporté facilement.« 

Vidéo

 

Conclusion

Je vous avais déjà parlé du projet PoulaGeek de mon ami Jean-Pierre (ci-dessous). Il s’agit ici de l’automatisation d’un poulailler existant et non de la création à partir de zéro d’un poulailler comme le fait Eggs-iting.

J’en parle lors de mes conférences (j’appele ça la poulatique) et à chaque fois j’ai de nombreuses demandes de description, de date de commercialisation… Les poulaillers connectés ont le vent en poule poupe.

Eggs-iting surfe sur cette vague (voir cette page de l’Ademe ou télécharger le PDF) en proposant un ensemble bien conçu, intégré, modulaire et doté d’une interface conviviale.
Le prix d’un poulailler classique 4 à 6 poules dans le commerce se situe entre 350 € et 900 €. Le prix prévisionnel de Eggs-iting est dans cette fourchette et sera sans doute entre 650 et 700 €. Ça réserve plutôt le produit à des entreprises ou à des familles aisées. Je pense que ça ne va pas « démocratiser » le poulailler connecté. On peut aussi envisager des solutions de partage qui répartiraient l’investissement entre plusieurs familles…

L’autre chose qui gêne mes poules dans ce concept (elles sont membres de l’April = Association des Poules Récalcitrantes à l’Information Lointaine) est l’utilisation d’un système externe pour le traitement des données. Ça les gêne dans le sens où ces données sont « leur » données et que ça les dérange de les voir se balader sur le « cloud ».

Après allez savoir comment seront exploitées les données concernant leurs passages dans le poulailler, le nombre d’œufs pondus (t’as pas pondu ? ok => Poule au pot !). Elles se posent aussi la question de la pérennité du système…

Merci à la sympathique équipe amiénoise d’Eggs-iting pour sa réactivité à mes questions 🙂

Sources

Share Button

À propos François MOCQ

Électronicien d'origine, devenu informaticien, et passionné de nouvelles technologies, formateur en maintenance informatique puis en Réseau et Télécommunications. Dès son arrivée sur le marché, le potentiel offert par Raspberry Pi m’a enthousiasmé j'ai rapidement créé un blog dédié à ce nano-ordinateur (www.framboise314.fr) pour partager cette passion. .

8 réflexions au sujet de « Eggs-Iting, le poulailler connecté avec un Raspberry Pi 3 »

  1. icare

    Bravo François pour cet article.
    C’est un sujet récurent sur les forums Arduino car c’est dans l’air du temps.
    Attention : un sujet à surveiller car cela sera peut être ainsi pour les humains dans quelques décennies. 🙂

    Répondre
  2. msg

    C’est pas un poulailler mais plutôt un stand de formule 1 .
    Les galinettes en « poule position » .

    J’adore le concept , mais je trouve qu’il y a trop de technologie , RFID , Détecteur d’œufs , qui pond et combien , données sur le net .
    Et si on veut donner ou vendre son surplus d’œufs , on devra déclarer sa production au fisc comme les Ubertaxi ou les UberHotels ?
    Avec une caméra bien placé sur les nids , un coup d’œil par jour suffit .
    Reste à voir pour la récupération des fiantes , parce que une poule ça fait caca partout et que le caca de poule c’est excellent pour fertiliser un potager … à utiliser avec modération , y en a qui ont essayé , ils ont eu des problèmes … ça peut bruler la plante par la racine si trop concentré .

    Répondre
    1. Cosmogol 999

      C’est vrai pour toutes les fientes, et les déchets fortement azotés en général. Il est plus prudent de faire composter les fientes en les intégrant à de la matière végétale plus carbonée (la paille qui les accompagne par exemple, le tout suffisamment humidifié et aéré) . Une fois le compost mûr, on peut le répandre sans souci dans le potager.

      Répondre
      1. François MOCQ Auteur de l’article

        je ne peux que confirmer pour avoir entretenu un jardin qui empiétait sur un endroit où il y avait eu « autrefois » un poulailler (dixit les voisins). Cet emplacement était « grillé » et pratiquement rien ne poussait !!

        Répondre
  3. Cosmogol 999

    C’est vraiment un gadget pour les geeks friqués… Là on sombre dans le ridicule profond. Parce que s’occuper d’un poulailler domestique, ça reste quand même excessivement simple et peu prenant. En plus le système gère des tâches superficielles plutôt que celles qui sont « pénibles » : repailler les pondoirs, nettoyer les fientes, renouveler l’eau et le grain, etc. Et puis le soin : une poule ça crève vite, si on ne repère pas rapidement qu’il y en a une qui n’est pas en forme, qui fait des fientes liquides ou présente d’autres symptomes, c’est sûr on va la perdre. Alors il faut connaître ses poules et donc passer régulièrement un peu de temps avec elles.

    Et puis au-delà des oeufs, l’intérêt d’avoir des poules c’est quand même d’avoir un peu de contact avec les animaux, de les observer et d’interagir avec elles. Si au contraire on fait tout pour les éloigner de soi et médiatiser le contact par des machines, autant retourner au supermarché. En fait c’est un peu ça : on reproduit les horreurs industrielles à toute petite échelle, la conscience tranquille parce que les poules gambadent dans le jardinet.

    Répondre
    1. François MOCQ Auteur de l’article

      Bonjour
      merci pour cette vision différente 🙂 l’un n’empêche pas l’autre : on peut aussi confier les tâches répétitives à un automate et rester en contact avec les animaux. Tout est dans la répartition…
      cordialement
      François

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Complétez ce captcha SVP * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.