Publié le 26 janvier 2024 - par

Visite de l’usine des robots Niryo, à base de Raspberry Pi

J’ai rencontré à de nombreuses reprises les personnes qui travaillent chez Niryo, en particulier lors des Maker Faire Paris, ou lors des TechDays de RS composants. J’étais invité à visiter l’usine lorsque je viendrais dans le Nord. L’occasion s’est présentée lors du salon Robotik d’Orchies, puisque l’usine Niryo se trouve à Wambrechies, près de Lille. Je vous raconte cette visite dans cet article.

Visite de l’usine des robots Niryo, à base de Raspberry Pi

Les robots Niryo sont aisément reconnaissable à leur couleur bleue. Ils sont largement répandus et utilisés en formation, pour apprendre la programmation des robots, la robotique collaborative. Lors de mes interventions à l’IUT du Creusot, je les ai souvent croisés, il y en a une vingtaine dans l’établissement. Les écoles d’ingénieurs les utilisent également.

L’histoire de Niryo

Le premier robot Niryo : Niryo ONE sur Kickstarter

A l’origine de Niryo, on trouve Marc-Henri Frouin, qui a remarqué l’absence de produits disponibles pour les petites structures sur le marché des bras robotisés. Lors de ses études d’ingénieur, il conçoit un premier robot dont les pièces imprimées en 3D sont disponible en téléchargement. La campagne Kickstarter est un succès et 153 personnes financent le projet au delà des espérances. La société Niryo commence son existence.

Niryo est une entreprise de robotique collaborative basée dans le Nord de la France. Niryo a pour objectif de démocratiser l’accès à ces robots collaboratifs en proposant des produits miniaturisés et faciles d’utilisation, avec tout l’aspect logiciel intégré.
Leur produit phare, Ned2, est un bras robotique collaboratif à 6 axes destiné aux établissements d’éducation, à la recherche et aux prototypes avancés dans les laboratoires. Il permet aux chercheurs, étudiants et ingénieurs de se former et de tester leurs algorithmes d’intelligence artificielle ou de faire réaliser des tâches à Ned2.

Niryo se positionne sur le segment des robots collaboratifs, qui sont conçus pour épauler les humains sur les tâches à basse valeur ajoutée. L’entreprise vend ses produits sur des cas d’applications concrets, par exemple des tests avancés avec La Poste en matière d’aide à la dépose d’étiquette ou encore les tests d’appui sur des boutons pour tester la qualité d’interrupteurs avec Adeo, la maison mère de Leroy Merlin. Pour lancer son premier produit en 2017, Niryo a eu recours à du financement participatif afin de renforcer ses recherches et son business model. La jeune entreprise a levé 3 millions d’euros en 2021 pour consolider l’industrialisation de ses procédés. Elle essaie de s’approvisionner au maximum auprès de fournisseurs ancrés dans le tissu régional et français, notamment pour ce qui concerne l’impression 3D, le câblage ou la conception de cartes électroniques. Durant l’épidémie de COVID, La startup admet avoir connu des difficultés d’approvisionnement de matières premières, mais avoir aussi trouvé le moyen de limiter la casse en maîtrisant toute la verticale technologique, en mécanique, en électronique et en software, en interne. Mi 2021, Niryo emménage dans un bâtiment industriel mieux adapté à la production des bras robots.

Depuis sa création, Niryo a lancé plusieurs produits, dont Niryo One, devenu Ned, puis Ned2, son produit phare. En 2023, la jeune entreprise a levé 10 millions d’euros pour “démocratiser les bras robotiques collaboratifs”.

L’usine Niryo

La gamme des Ned

Dès l’accueil on se trouve plongé dans l’histoire de l’entreprise, avec ces robots alignés qui retracent l’aventure Niryo depuis ses débuts. La partie vitrée située derrière les robots regroupe les différents services d’étude, de développement ou de commercialisation.
J’ai pu discuter avec certains membres des équipes, en particulier des évolutions à venir de la gamme et aussi de la possibilité de voir émerger un CM5, Compute Module basé sur le Raspberry Pi 5 qui pourrait encore améliorer les performances de la gamme Ned.

Les tests en fin de chaîne

La visite commence par les expéditions où chaque machine, robot ou tapis convoyeur, est longuement testée avant d’être certifié.

Chaque robot est soumis à un ensemble de contrôles qu’une checklist permet de vérifier et d’archiver.

On voit ici un des robots dont la base est protégée par un film, dans le but d’éviter des rayures.

On a ici la confirmation que le robot Niryo Ned est animé par un Raspberry Pi 4 dont on reconnait la connectique en bas à gauche.

La carte fille connectée au Raspberry Pi et conçue en interne par Niryo pilote l’ensemble des moteurs mais elle offre un autre avantage : elle permet l’accès à des E/S analogiques ou numériques qui peuvent être utilisées sur le terrain.

Le montage

L’atelier de montage m’a permis de voir les procédures mise en œuvre pour garantir la qualité de la fabrication. Chaque étape est tracée lors du montage. On voit sur cette image que le robot Ned, sous ses allures « fragiles » peut-être dues à la coque en plastique bleu qui le recouvre, cache en fait des armatures en aluminium qui lui donnent une solidité tout à fait à la hauteur d’une utilisation industrielle.

La salle de « torture »

Dans cette autre partie de l’usine où Babbage a fait une pause, un certain nombre de robots Ned sont soumis à d’intenses sollicitations. Ils portent une charge (la boule noire et rouge au bout du bras) et exécutent en continu des séquences de déplacements. Le but ici est de soumettre les machines à la torture pour repérer les parties plus fragiles afin de les renforcer.

Si le Raspberry Pi équipe le robot Ned, on voit ici que l’Arduino est également mis à contribution sur les bancs de torture… Esprit #maker, quand tu nous tient…

L’atelier d’impression 3D

Si la nouvelle gamme Niryo bénéficie de pièces moulées pour lesquelles des moules ont été spécifiquement fabriqués, il était intéressant de voir cet atelier dans lequel sont imprimées en 3D les pièces destinées à la R&D.

Les bancs tests

Chaque partie importante des robots Ned a droit à son banc test personnalisé, réalisé en local. Sur la photo du haut on voit par exemple les haut-parleurs. Chaque exemplaire est testé (la machine en vérifie jusque 4 à la fois) des fréquences sont envoyées et la réponse mesurée par un micro. Le résultat est analysé par un système qui valide (ou pas) la conformité du matériel. Les cartes montées en externe ou encore les câblages sont systématiquement testés et validés individuellement pour éliminer à l’origine les problèmes qui pourraient survenir suite à des dérives chez les sous-traitants, également censés tester leur production avant livraison. Les anomalies détectées permettent une remontée d’information vers les sous traitants en vue d’une amélioration de la production.

La salle de réception

C’est ici que sont accueillis les clients. La salle Prime permet de démontrer les possibilités des robots et leur souplesse d’adaptation.

Dans cette pièce on trouve aussi ce poster 😉

Des noms évocateurs

A côté de la salle Prime on trouve aussi ces pièces dont je n’ai pas pu m’empêcher de photographier le panneau… On est bien chez des passionnés de robots 😆

Programmation

Niryo fournit une application qui permet aussi de mettre à jour le firmware du robot. La programmation se fait en Python ou en Blockly ce qui permet à des utilisateurs de niveaux différents d’utiliser l’interface. Les briques sont fournies pour accélérer le développement.

Une communauté

Niryo c’est aussi une communauté où les utilisateurs partagent et échangent. Les ressources sont disponibles sur Github, Youtube et bientôt sur Discord et en Podcast (les adresses seront disponibles sur la page Communauté).

Conclusion

Cette visite m’a permis de retrouver Jérémy, rencontré à plusieurs reprises sur les Maker Faire et sur les Techdays organisés par RS Composants France. J’ai aussi pu discuter un moment avec Marc-Henri, créateur de l’entreprise ainsi qu’avec d’autres membres de l’équipe.

J’ai pu voir comment le Raspberry Pi est intégré à une machine industrielle. En effet, si le Robot Niryo a trouvé sa place pour l’apprentissage de la robotique auprès des IUT et écoles d’ingénieurs, son prix abordable et ses performances intéressent l’industrie. Il excelle dans l’assistance aux opérateurs, et peut se charger de tâches répétitives sur des petites ou moyennes séries, lorsque l’investissement dans un robot industriel qui vaut parfois 10 à 20 fois plus n’est pas envisageable.

Le week-end suivant cette visite je participais au salon Robotick à Orchies, près de Lille, et de nombreux stands présentaient des robots Niryo pour illustrer les formations proposées par ces organismes de formation.

Niryo au Creusot

Voir la vidéo : https://www.instagram.com/p/C0bXitnIsc5/

Les robots Niryo sont utilisés au Creusot par l’ESIREM – Polytech et par l’IUT.

Sources

https://niryo.com/fr/

Téléchargement Logiciels et fichiers 3D

https://niryo.com/fr/telechargement-logiciels/

 

Niryo, la startup lilloise qui démocratise l’usage des bras robotiques

Le premier Niryo sur Kickstarter

https://www.kickstarter.com/projects/niryo/niryo-one-an-open-source-6-axis-robotic-arm-just-f?lang=fr

 

 

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À propos François MOCQ

Électronicien d'origine, devenu informaticien, et passionné de nouvelles technologies, formateur en maintenance informatique puis en Réseau et Télécommunications. Dès son arrivée sur le marché, le potentiel offert par Raspberry Pi m’a enthousiasmé j'ai rapidement créé un blog dédié à ce nano-ordinateur (www.framboise314.fr) pour partager cette passion. Auteur de plusieurs livres sur le Raspberry Pi publiés aux Editions ENI.

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