Publié le 3 octobre 2021 - par

Hacker une lampe à LEDs de chez Action

J’aime bien fouiner chez Action. Il y a toujours des gadgets pas chers, et puis plein de LEDs… J’aime bien les LEDs… De temps en temps j’achète un truc pas cher pour le désosser, comprendre ce qu’il y a dedans et souvent réutiliser les morceaux pour d’autres choses. J’en fais rarement des articles (ici j’avais hacké une tong solaire), mais pour une fois je vais vous emmener avec moi pour découvrir cette lampe de chez Action et ce qu’on peut en tirer…

Lampe à LEDs pliable de chez Action

Ce que je décris ici (la méthode d’approche) est valable quel que soit le matériel que vous avez acheté/récupéré et que vous souhaitez étudier, détourner ou réparer…

Une illumination

C’est en passant hier dans les rayons du magasin que j’ai vu cette lampe. Du coup c’est normal, l’illumination… Vous suivez ? Elle est également sur la page web d’Action.

Je ne sais pas vous, mais moi quand je vois un objet avec cette forme, rechargeable, j’ai comme une idée qui me vient à l’esprit !

Il doit y avoir un accumulateur 18650 là dedans ! Pour ceux qui ne le sauraient pas, de nombreux accumulateurs ou piles sont identifiés par leurs dimensions.

Par exemple la célèbre CR2032 utilisé sur de nombreux appareils mesure 3,2 mm d’épaisseur (32 dixièmes) et a un diamètre de 20 mm. D’où le 2032. Pareil pour la CR2016 qui ne mesure que 1,6 mm d’épaisseur. L’étiquette CE de la lampe se trouve sous la partie rabattable et indique bien la présence d’un 168550 ! Ici on a un accu 18650, qui mesure 18 mm de diamètre pour 65 mm de hauteur (650 dixièmes). Cela vous donne une idée de sa dimension et vous aidera à les repérer. Souvent les 18650 voyagent en groupe :

Sur cette photo que j’ai empruntée à mon ami Jean-Christophe de arduiblog.com, on voit les 18650 d’une batterie de trottinette. En effet, la grosse batterie de 36V des trottinettes est constituée d’une quarantaine d’éléments standards 18650 de 3,6V chacun. Même si certains sont définitivement hors d’usage, il a quand même réussi à en récupérer 24 qui fonctionnent encore. Vous trouverez les mêmes accus sur les hoverboards.

Bon allez, 3,99€ pour cette lampe, ça vaut le coup et une fois de retour à l’atelier, elle va passer au démontage.

Un coup d’œil extérieur sur le matériel

On commence par “inspecter” la lampe

Sous la lampe une étiquette indique qu’elle est magnétique (le symbole de l’aimant en fer à cheval dans un triangle) et qu’elle ne doit pas être mise à la poubelle. Il faudra la déposer en déchetterie pour récupération des éléments, en particulier de la batterie.

La petite étiquette indique que la lampe est rechargeable par USB. Un bon indice 🙂

On repère 2 axes qui vont permettre d’orienter la source de lumière en fonction des besoins.

La source de lumière principale est cette plaque composée de 16 LEDs. Elle est censée fournir 120 lumens.

La barre de LEDs est protégée par une fenêtre transparente. Elle est logée dans une glissière métallique, sans doute pour dissiper la chaleur.

A l’extrémité de la lampe on trouve encore une autre LED protégée par un adhésif transparent.

Au passage on peut voir qu’il y a une vis au centre de cet axe…

Sur la poignée on trouve un bouton en silicone rouge, il gère les fonctions A/M des LEDs. A gauche de l’image (en bas de la poignée) un cache imperdable protège la prise micro USB utilisée pour la charge.

 

Au dessus de la prise micro USB, une petite ouverture laisse apparaître la LED de charge. Le cache imperdable doit procurer un semblant de protection à la prise USB.

Effectivement quand on connecte une alimentation USB, la LED s’allume en rouge. Elle passera au vert quand la batterie interne sera chargée.

Démontage de la lampe

Commencez par repérer les vis à enlever. Il y en a au centre de l’axe, en bas de la poignée et sur le support de la bande de LEDs. J’en ai trouvé 5 en tout.

 

L’étiquette sous la lampe sert sans doute de témoin d’ouverture (pour la garantie) j’ai eu du mal à la décoller du coup le problème a été résolu au cutter… Appuyez avec l’ongle sur l’étiquette car parfois cela permet de découvrir qu’il y a encore des vis dissimulées dessous…

On va séparer délicatement (mais fermement) les deux parties de la poignée.

 

L’aimant est glissé “à force” dans son logement mais ça sort en insistant un peu.

Le contenu de la lampe

On se retrouve avec le contenu de la poignée apparent. Je vous ai annoté les éléments. Le circuit imprimé fait toute la longueur de la poignée.

Et voilà l’accu. 18650. L’étiquette n’est pas menteuse puisqu’il est annoncé pour 800mAh.

Le bouton poussoir K1 est dissimulé par un cabochon en silicone qui doit (un peu) participer à empêcher les entrées d’eau dans la lampe. Mais celle-ci n’est pas indiquée comme étant protégée IP (poussières et éclaboussures).

La prise micro USB et la LED Rouge/vert sont à l’autre extrémité du PCB.

La LED a 3 pattes et contient une LED rouge et une LED verte. C’est elle qui indique à l’utilisateur la fin de la charge de l’accumulateur.

L’électronique

On se retrouve avec une carte électronique qui gère les fonctions de la lampe.

Chargeur de batterie 18650

A droite de la carte se trouve le chargeur de batterie 18650 et à gauche on a le circuit de commande des LEDs.

Le circuit de charge comporte un classique XL4056 ou TP4056 dont vous pouvez consulter la documentation en ligne.

Schéma du chargeur

Le schéma est simple (ici c’est le schéma de la feuille de caractéristiques).

Dans la lampe Action, la température n’est pas utilisée (borne 1 TEMP). Sa mise a la masse inhibe cette fonction. On retrouve les 2 LEDs d’état à gauche. Une diode S4 – 1N5819 (notée J3 sur la carte) protège contre une inversion de tension de la batterie.
La charge est fixée (programmée) par la valeur de la résistance connectée en 2 (PROG). Elle est notée R3 sur la carte et vaut 1500Ω.

Cette valeur fournit une charge de 780mA à la batterie comme vous le voyez dans le tableau ci-dessus.

Commande des LEDs

La commande des LEDs se situe à l’autre extrémité de la carte. Je n’ai pas pu identifier le circuit utilisé ici. On repère les deux transistors Q1 et Q2 qui vont commander les LEDs.

Les résistances R7 et R10 de 8,2Ω sont en parallèle (=4,1Ω) ainsi que R8 et R11 de 4,02Ω (=2,01Ω).

Sur cette vue annotée, vous trouverez les indications concernant la partie commande des LEDs.

Les LEDs

Pour démonter cette partie, enlevez le cache qui protège la LED en bout de lampe (ici à gauche de l’image). Puis sortez la plaque de LEDs vers la gauche, par cette ouverture que vous venez de faire.

La plaque de LEDs es un PCB sur aluminium pour faciliter la dissipation de chaleur.

La Barre de 16 LEDs possède deux “allures” : Plein allumage comme ci-dessus et un éclairage moins fort.

La LED en bout de lampe est plus ponctuelle mais éclaire également très vivement en lumière blanche. Le bouton A/M fonctionne en cycle :

Arrêt => Plaque de LEDs à fond => Plaque de LEDs lumière réduite => LED en bout => Arrêt

On en fait quoi de tout ça ?

Pour vous expliquer mon but, c’est de faire des photos en timelapse en allumant des LEDs lors de la prise de vue (rapprochée) pour éclairer le sujet. Ce sera le sujet d’un prochain article du blog. La barre de LEDs de cette lampe me plait bien et semble adaptée à cette prise de vue. c’est elle l’objet principal de ce démontage.

Conclusion

Mais on ne va pas jeter les autre morceaux (principe du CPTS : Ça Peut Toujours Servir). Je prévois de conserver le chargeur de batterie et l’accu. 18650. c’est tout prêt et tout équipé. Je vais couper la plaque au niveau du trait blanc sur les photos et je peux mettre derrière un convertisseur DC DC qui me remonte le 3,7V du 18650 en 5V pour alimenter un petit montage avec un Raspberry Pi PICO par exemple..

Je vous en reparlerai sans doute bientôt, avec les calculs pour réutiliser les LEDS avec d’autres sources de tension.

Sources

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À propos François MOCQ

Électronicien d'origine, devenu informaticien, et passionné de nouvelles technologies, formateur en maintenance informatique puis en Réseau et Télécommunications. Dès son arrivée sur le marché, le potentiel offert par Raspberry Pi m’a enthousiasmé j'ai rapidement créé un blog dédié à ce nano-ordinateur (www.framboise314.fr) pour partager cette passion. Auteur de plusieurs livres sur le Raspberry Pi publiés aux Editions ENI.

12 réflexions au sujet de « Hacker une lampe à LEDs de chez Action »

  1. Girard

    Vraiment sympa ce petit démontage d’une lampe à LED pas chère. La batterie 18650, le circuit de charge et la LED d’éclairage sont des éléments facilement réutilisables pour des montages électroniques… cela me donne vraiment envie de passer à l’Action du coin pour acheter une lampe et la démonter 😀

    Répondre
  2. j2c

    Non, mais ça déchire ce genre d’articles.

    à la base, on part de pas grand chose, hein : une simple lampe qui n’attirera pas forcément l’attention.

    …. et puis, l’esprit Maker s’allume (haha, moi aussi, je fais des jeux de mots :D)

    … et on se retrouve avec un démontage + détournement de produit astucieux.

     

    François, n’hésite pas à faire d’autres articles sur le sujet du détournement d’objets, ça s’éloigne un peu du raspi, mais ça reste dans l’esprit Maker/hack du blog 🙂

     

    Cet article à illuminé ma journée, (je me sens un peu moins seul avec mes caisses de CPTS :D)

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  3. Jordan

    Super article!

    Parfois il est plus simple d’acheter un appareil qui contient le composant que l’on a besoin que que composant en lui même.

    Chez nous on a du mal à faire venir des batterie au lithium à l’unité comme tout passe par avions avec les restrictions sur les batterie. Donc je fait souvent pareil pour commander des batteries, je commande un appareil cheap contenant une batterie et je la récupère, et tout le reste c’est du plus!

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  4. cdbi30

    C’est marrant, car j’utilise un éclairage de placard trouvé à 6€ chez LIDL
    comme projecteur pour une Picam
    2 fils d’alim soudés sur les supports de piles et commandé par un relais sur le Raspi

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  5. Sébastien Been

    Bonjour , pourrait on faire pareil avec un vieux gps TomTom ( écran , haut parleur , batterie,et le module du gps )?

    Le plus dur serait peut être la connections de l écran?

    Merci .pour l article.

     

     

    Répondre
    1. François MOCQ Auteur de l’article

      Bonjour
      oui bien sûr pour un maker TOUT se récupère
      sur un GPS vous avez une batterie (elle est peut être HS)
      de hauts parleurs effectivement
      Après les écrans ça dépend il faut chercher. Souvent ce sont des écrans propriétaires ou alors on ne trouve pas d’infos dessus
      Quand on peut identifier c’est réutilisable comme les écrans LCD de téléphones Nokia par exemple…
      cdt
      françois

      Répondre

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