Publié le 2 novembre 2016 - par

Une histoire illustrée de l’informatique

Couverture du livre : Histoire Illustrée de l'informatiqueCe n’est pas souvent que je vous présente des livres sur ce blog. Des revues oui, parce que c’est vivant, ça colle à l’actualité…
Pour les livres c’est un peu différent et surtout pour celui-ci qui est un livre d’histoire. C’est un peu comme ces anciens albums de photos qui n’existent (presque) plus depuis que la photo ne coûte plus rien mais ne se regarde plus non plus…. Enfin quand je dis ne coûte plus rien, ce n’est pas gratuit de stocker les images dans les Go alloués à grand renfort de marketing par les fabricants de dollars smartphones. Combien d’images enregistrées, combien regardées, combien oubliées, effacées par erreur ou par défaillance technique, par obsolescence du support (essayez de relire un CD que vous avez gravé il y a 15 ans…).

Histoire illustrée de l’informatique

Alors le livre reste un support qui résiste au temps. Celui qu’on estime être le plus vieux livre du monde est écrit en Étrusque et date de 2500 ans… Qu’en sera-t-il dans 2000 ans des images qui stagnent au fond de cartes micro SD de la taille d’un ongle ?

Ce livre dont je vous parle retrace en image l’histoire d’une science qui accompagne notre espèce depuis de nombreuses années. Quand j’entends « je veux faire informatique, c’est un métier d’avenir » je souris en pensant que c’est aussi un métier du passé.

Dessin humoristique intitulé "La grotte Chauvet". Un homme des cavernes réalise des peintures rupestres, grimpé sur une échelle. Au pied de celle-ci un autre homme des cavernes lui de mande "Et sinon t'as aussi un vrai métier ? Genre chasseur cueilleur ?"L’informatique est née du besoin de compter. Quand je commençais un cours d’informatique,  j’évoquais la grosse boule de feu que fut la terre avant d’arriver rapidement aux chasseurs-cueilleurs qui se sédentarisent et deviennent éleveurs.

Nait alors le besoin de gérer des troupeaux, des terres, des impôts… Et naissent les chiffres et le calcul.

Les origines de l’informatique s’enfoncent dans la nuit des temps. Quand on demande à un élève aujourd’hui de quand date le binaire, il répond en général « du milieu du XXème siècle« .

Figure octogonale avec un symbole yin-yang au centre et des symboles interprétés comme du binaire sur les 8 côtésSi on vous dit ça, ne contrariez pas votre interlocuteur…
Mais montrez lui cette image. Le « Livre des changements » (yi-jing) chinois date du premier millénaire avant JC (nan… pas Jean-Claude). Même si les chinois n’utilisaient sans doute pas le calcul binaire, ils utilisaient ces symboles dans lesquels on peut reconnaître les nombres binaires.
Remplacer un trait complet par un 1 et trait coupé par un zéro, vous verrez… Ce diagramme octogonal utilise une partie des 64 symboles du yi-jing.

C’est à peu près là que commence ce livre. Le choix fait par les auteurs Emmanuel Lazard et Pierre Mounier-Kuhn est de privilégier l’image. Par exemple la page sur la machine d’Anticythère se présente ainsi :

Copie del apge 25 de "Histoire illustrée de l'Informatique" montrant une photo de la machine d'Anticythère, une vue en radiographie et une reconstitution.

Les textes forment de courts articles précis et concis (j’aime bien quand il n’y a pas trop de bla-bla). Ils laissent la place aux illustrations. Vous me direz pour une « Histoire Illustrée » c’est pas mal 😉 mais j’ai connu des histoires illustrées dans lesquelles les images étaient clairsemées dans un texte insipide… Un bon bouquin à lire pour s’endormir, ce qui n’est pas le cas ici : pas de danger de s’endormir !

Reconstitution de la machine d'Anticythère. Extrait de la page 25 de "Histoire Illustrée de l'informatique"

Reconstitution de la machine d’Anticythère

[Mode Nostalgie = ON]

 

histoire_illustree_info_carte_perfo_600pxParmi les supports évoqués vous retrouverez pour les plus anciens d’entre vous les cartes perforées. Chaque colonne représente un octet. Il y a 80 colonnes… tiens, comme sur les imprimantes ou les terminaux 🙂

perfo_verif_150pxCes supports hérités de la mécanographie étaient perforés manuellement, puis mécaniquement  et mis à lire dans un bac contenant des centaines de cartes. Elles ont disparu, emportant avec elles les perfo/vérifs de l’époque… (image de gauche)

histoire_illustree_info_cuba Après une visite aux machines mécaniques qui ont aidé l’homme à calculer, on arrive à des ordinateurs à tubes comme celui représenté ci-dessus.

histoire_illustree_info_manchester_babyOn se rend mieux compte sur ces photos que les machines de l’époque « préhistorique » occupaient un espace important et nécessitaient une maintenance permanente.

histoire_illustree_info_transistors histoire_illustree_info_memoire_tore

Arriveront ensuite les calculateurs à transistors (photo de gauche) équipés pour certains de mémoires à tore de ferrite (photo de droite) permettant de stocker… 1 Ko de données !

histoire_illustree_info_zx81Un passage par les machine mythiques des années 80, ci-dessus le ZX81 avec sa sauvegarde sur K7 audio… Attendez, j’essuie une larme, c’est ma première machine 🙂

histoire_illustree_info_flightsimUn simulateur de vol en haute résolution… de l’époque 🙂

histoire_illustree_info_kim1On trouve aussi la carte KIM-1 à base de processeur 6502. Un clavier permet de piloter l’ensemble et 6 afficheurs servent d’écran HD 😀

4 chiffres pour l’adresse et 2 chiffres pour l’octet. On ne peut pas faire plus simple.

Avec sa mémoire de 1Ko KIM-1 se programmait en Basic et ne coûtait « que » 500 $ !!

Conçu à l’origine pour la formation des ingénieurs, la carte a vite été utilisée comme ordinateur personnel en raison de son faible prix. Son créateur, la société MOS Technology a été rachetée par… Commodore.

histoire_illustree_info_amd_6coeursOn arrive ensuite à des processeurs plus évolués

Comme cet AMD dont on voit les 6 cœurs sur la partie haute de cette image.

Mais bien entendu les nano-ordinateurs qui ont été créés à base de ces processeurs modernes sont également évoquées .

histoire_illustree_info_raspiOù on retrouve le Raspberry Pi première version et la carte Arduino en compagnie de BeagleBone.

[Mode Nostalgie = OFF]

histoire_illustree_info_datacenterLe livre se termine sur les centres de calcul ou de stockage, ci-dessus un datacenter IBM installé en Italie pour le cloud.

Conclusion

Un seul regret concernant ce livre, le format des pages en mode paysage. Certainement adapté à des photos comme celles des baies d’antiques calculateurs à tubes ou de datacenter. Mais je ne le trouve pas pratique. Après c’est juste mon avis.

Avec ses 280 pages d’histoire de l’informatique et ses centaines d’images, cet ouvrage permettra à tous ceux qui naviguent dans ce domaine depuis des années de retrouver des images oubliées. Pour ceux qui mettent le pied sur le pont du navire pur la première fois, c’est sans doute intéressant de savoir d’où il vient pour mieux imaginer où il pourra aller…

Un livre à prévoir au pied du sapin? (nan, pas Michel…)

histoire_illustree_info_couverture_600px

Caractéristiques

  • Livre relié : 280 pages
  • Editeur : EDP Sciences – mars 2016
  • ISBN : 978-2759818198
  • Dimensions : 17,5 x 2,5 x 24,5 cm
  • Prix : 36 €

 

 

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À propos François MOCQ

Électronicien d'origine, devenu informaticien, et passionné de nouvelles technologies, formateur en maintenance informatique puis en Réseau et Télécommunications. Dès son arrivée sur le marché, le potentiel offert par Raspberry Pi m’a enthousiasmé j'ai rapidement créé un blog dédié à ce nano-ordinateur (www.framboise314.fr) pour partager cette passion. .

10 réflexions au sujet de « Une histoire illustrée de l’informatique »

  1. Alan McCullagh

    Les grands esprits se rencontre ! (« Great minds think alike » en anglais ;o) ]

    Je l’ai acheté il y a une paire de mois et ce livre me plaît beaucoup. Super pour la table basse du geek ! Que des souvenirs (des autres et des miens !). Une excellente revue de ta part comme d’habitude ;o)

    73s
    Alan

    Répondre
  2. Bernard B

    Je ne peux que confirmer que ce bouquin de Lazard et Mounier-Kuhn est une mine d’or et qu’il manquait à l’édition francaise, c’est un peu de l’équivalent en français du remarquable « COMPUTERS : AN ILLUSTRATED HISTORY » sorti chez Taschen il y a une dizaine d’années.
    Si vous voulez offrir un beau cadeau pour les fêtes n’hésitez pas
    Pour la forme, il faut savoir que le format de ce bouquin n’est pas traditionnel dans le sens de la hauteur 17,8 environ , la moitié de la hauteur habituelle pour ce genre de beaux livres.
    Comme tu le précise le format paysage n’est pas très heureux, j’aurais préféré une livre pleine page, 24,5 x 27 par exemple, je pense qu’il s’agit d’un probleme de coût de production , quand même 36 €.
    Bon mettons, il sera moins lourd à compulser. 😉

    Une excellent résumé et bien illustré, merci Francois. 😉

    Répondre
  3. msg

    Bonjour ,
    Le Xi Jing chinois est très certainement l’encètre du code Gray , la différence c’est que le 000 ne se trouve pas en face opposé du 111 .
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_Gray

    Ce code permet par exemple de réaliser une girouette avec les 16 points cardinaux .
    J’avais réalisé ça à l’époque à partir d’un vieux CD et d’optocoupleur CNY70 .
    N’étant pas bon en mécanique , j’ai laissé tomber le projet .

    Pour ce que ça intéresse le code Gray , j’ai une technique pour passer du Binaire au Gray et vice versa .

    Binaire vers Gray :
    On part de la colone de gauche qu’on recopie telle quelle .
    puis on passe à la conversion … proprement dit :
    on compare les 2 bits à droite en utilisant la fonction XOR
    – ils sont identique (00) ou (11) , le bit = 0
    – ils sont différents (01) ou (10) , le bit = 1

    On peut très bien partir de la droite et remonter vers la gauche :
    on compare les bits avec la fonction XOR et on fini par recopier la dernière colonne de gauche .
    ça marche aussi .

    Gray vers Binaire :
    On fait des additions de bits colonne après colonne en partant de la gauche .
    – Si nombre est pair , le bit = 0
    – Si nombre est impair , le bit = 1
    On utilise la donction Modulo (2) pour détecter les nombres pair / impair .

    Le code Gray est aussi utilisé dans « la table de Karnaugh » pour la simplification d’équations logiques.
    Programmé dans un tableur , ça simplifie la vie .
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Table_de_Karnaugh

    Voilou !

    Répondre
    1. François MOCQ Auteur de l’article

      merci pour ce retour
      ah bin j’ai été plus loin 🙂 girouette réalisée avec un cercle de circuit imprimé et des LED IR 🙂
      le roulement venait d’un lecteur de disquette 5 pouces 🙂 elle était en haut du pylone

      on la voit à gauche du pylone à hauteur de mes pieds
      Et… encore plus vieux (comme le temps) quand je bossais sur avion les résultats des tests de calculateur de navigation étaient affichés sur des rangées de néons en … code Gray !
      incontournable en automatisme.
      merci pour la méthode de conversion 🙂
      cordialement
      François

      Répondre
  4. Emmanuel Lazard

    Merci pour cette critique positive !
    Le format à l’italienne a été choisi en raison de plusieurs contraintes.
    – D’abord une contrainte de coût. Une impression quadri (obligatoire en raison des images) sur du beau papier (justifié par le positionnement « beau livre ») est nettement plus chère qu’un tirage classique. Un passage en grand format (style A4) aurait fortement augmenté le prix de vente et l’aurait probablement amené au-dessus de seuils symboliques d’achat.
    – La plupart des photos, par exemple de salles informatiques, sont sur un format paysage. Une impression au format portrait aurait obligé à tourner la grande majorité des illustrations de 90° ce qui, à mon avis, perturbe la lecture. Je prends pour exemple l’histoire illustrée de Wurster éditée par Taschen que j’ai toujours beaucoup de mal à lire.
    – Et remplir une grande page d’une grande photo a un impact certain… mais il faut pour cela que la photo ait une bonne résolution ! Et évidemment, certains documents d’époque ne supportent pas un trop fort agrandissement à l’impression.

    En conclusion, nous avons décidé, Pierre et moi, avec l’éditeur d’un compromis satisfaisant pour tout le monde, éditeur, auteurs et lecteurs… ou bien sûr ne satisfaisant personne, comme tout compromis !

    Répondre
    1. François MOCQ Auteur de l’article

      Bonjour Emmanuel
      Merci pour ce retour
      j avais effectivement mentionné le format de nombreuses images qui sont en paysage
      C’est une mini critique 🙂 et ça n’en est pas moins un beau livre !
      On attend le prochain 😉
      Cordialement
      François

      Répondre

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