Publié le 13 septembre 2016 - par

« 1, 2, 3… codez ! » Un guide pédagogique pour enseigner la science informatique

123codez_250pxLa Fondation La main à la pâte lance son nouveau projet pédagogique « 1, 2, 3… codez !« . Ce projet vise à initier élèves et enseignants à la science informatique, de la maternelle à la 6ème. Développé avec l’aide de la communauté scientifique, en particulier l’Inria, il constitue la première progression pédagogique « clés en mains » disponible pour préparer les professeurs des écoles à l’entrée de la science informatique dans les programmes scolaires en septembre 2016.

======== Crédit photo pour toutes les images de cet article : Fondation La main à la pâte ========

 

Note de framboise314
Le Ministère de l’Éducation Nationale a prévu 3 jours pour former les enseignants au codage ! Tous les développeurs ont fait 3 tours dans leurs baskets en entendant ça ! Mais bon il ne faut pas s’en étonner car c’est à peu près le temps pendant lequel les ministres sont  formés avant de prendre en charge un domaine dont ils n’avaient parfois jamais entendu parler 🙂 Alors puisque ça marche pour eux ça doit aussi marcher pour les autres non ? Quoique… des fois on se demande….???

« 1, 2, 3 codez » un guide pratique pour apprendre à coder

« 1, 2, 3… codez ! » s’appuie sur un guide pédagogique publié aux éditions Le Pommier, qui a été diffusé gratuitement à 5 000 enseignants. La Fondation La main à la pâte cherche actuellement des financements supplémentaires : si vous  êtes enseignant(e) vous pouvez tout à fait demander à le recevoir, en sachant que vous serez mis en attente quelques mois (plus il y aura de demandes, plus la Fondation a de chance de récolter des fonds pour y répondre !). En raison de cette forte demande et des coûts importants liés à l’expédition des guides pédagogiques, priorité sera donnée aux enseignants et formateurs du 1er et 2nd degrés.

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Sachez que le guide pédagogique « 1, 2, 3… codez ! » est disponible en ligne en accès gratuit (l’inscription est nécessaire pour y accéder). Si vous souhaitez recevoir la version papier dans des délais raisonnables, il est préférable de commander le livre en librairie (l’ISBN est 978-2746511064) ou directement au Editions Belin.

Préparer les enfants à l’informatique

Comment préparer les enfants au monde numérique qui les entoure ? Comment les aider à ne
plus être simples consommateurs d’outils utilisés comme des « boîtes noires » dont ils ignorent tout du fonctionnement ?

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Pour devenir acteur du numérique, il est nécessaire de s’approprier les concepts d’algorithme, de langage informatique, ou encore de traitement d’information. Ces notions sont propres à l’informatique en tant que science qui, loin de se résumer à la programmation, à son histoire, ses méthodes et ses savoirs.

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Pour aider les professeurs dans cet enseignement qui entre dans les programmes à la rentrée 2016, la Fondation La main à la pâte a conçu ce guide pédagogique « clés en mains », c’est à dire suffisamment détaillé pour être abordable par tout enseignant (ou parent), qu’il soit familier ou non avec l’informatique.

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Le guide propose à la fois des activités branchées (nécessitant un ordinateur, une tablette ou un robot) introduisant les bases de la programmation, et des activités débranchées (informatique sans ordinateur) permettant d’aborder des concepts de base de la science informatique (algorithme, langage, information…). Les progressions proposées pour chaque niveau scolaire sont facilement modulables selon que la classe possède du matériel informatique ou non.

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Comme tous les projets pédagogique de la Fondation La main à la pâte, « 1, 2, 3… codez ! » met en avant l’activité des élèves par le questionnement, l’expérimentation, l’observation, le tâtonnement, le débat. Testé dans une trentaine de classes, ce projet pluridisciplinaire a été conçu avec l’appui de la communauté scientifique, en particulier l’Inria. Le projet bénéficie également du partenariat de France-IOI, de Class’Code, des Investissements d’avenir, de Google, de Microsoft, de l’EPFL et de Mobsya. Grâce à leur soutien, la Fondation propose un ensemble d’outils pédagogiques, et en particulier le guide du professeur « 1, 2, 3… codez ! » diffusé gratuitement aux 5000 premiers enseignants qui en ont fait la demande sur www.123codez.fr. Ce site permet d’accéder à l’intégralité de la progression pédagogique et à des exercices d’application en ligne ainsi qu’à un espace d’échange entre professeurs.

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S’adressant aux classes de la maternelle à la 6ème (du cycle 1 à cycle 3), le projet pédagogique « 1, 2, 3… codez ! » sera décliné spécifiquement pour le collège en 2017, de la 5ème à la 3ème (cycle 4).

Ne pas se contenter de savoir se servir d’un ordinateur, comprendre l’informatique

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Un rapport de l’Académie des Sciences daté de 2013 (dont je vous ai parlé en 2014) attirait déjà l’attention sur la déficience de notre système éducatif en ce qui concerne la formation à l’informatique :

rapport-academieOn ne peut qu’apprécier la réactivité de nos têtes pensantes…
D’autant que d’autres alertes ont été lancées : « Ecole Jules Ferry 3.0 : bâtir une école créative et juste dans un monde numérique » (Conseil national du numérique, octobre 2014) et « Sécurité numérique et risques : enjeux et chances pour les entreprises » (OPECST, février 2015)

La science informatique dans les programmes scolaires

L’école prépare les élèves au monde qui les entoure, elle doit de ce fait leur permettre de comprendre le « monde numérique », qui est leur quotidien et sera peut-être au cœur de leurs futurs métiers. Partant de ce constat, un consensus s’est dessiné ces dernières années, rassemblant aussi bien la communauté scientifique que les acteurs économiques et les décideurs politiques, pour un enseignement de l’informatique en tant que science (voir encadré ci-dessus).

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Après avoir été introduite en classe de Terminale sous la forme d’une option « Informatique et Sciences du Numérique« , la science informatique fait son apparition dans les programmes de l’Éducation nationale de l’école et du collège à partir de septembre 2016. Sans être encore identifiée comme une discipline à part entière, l’informatique n’est plus réduite aux seuls usages d’outils (ordinateurs, logiciels, Internet, etc.), qui était l’approche des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) depuis les années 90.

Comprendre pour devenir acteur

L’informatique est considérée comme un ensemble de concepts et de méthodes propres qui survivront aux outils d’aujourd’hui, et dont la compréhension accompagnera durablement les élèves, tout au long de leur vie professionnelle et citoyenne. Comprendre donne du sens à l’usage. Initier les élèves à la façon dont sont encodés les textes et images, à l’algorithmique, à la programmation ou encore à la robotique, leur apprend les principes qui sous-tendent le fonctionnement d’un logiciel de traitement d’images, d’un tableur ou même d’un robot ménager.

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Ces apprentissages les formeront à adapter les outils existants à leurs besoins, à s’adapter eux-mêmes aux évolutions rapides de ces outils, à en imaginer et en créer de nouveaux. Des compétences qui les rendront acteurs du monde numérique qui les entoure, plutôt que simples utilisateurs.

Une science pluridisciplinaire et abordable par tous

Abordable par tous, la science informatique peut s’enseigner aussi sans matériel spécifique, de manière « débranchée ». Au-delà de l’apprentissage des concepts et méthodes, l’informatique offre une excellente opportunité de :

  • mettre en œuvre des pédagogies actives, qu’il s’agisse de démarche d’investigation ou de démarche de projet ;
  • développer des compétences transversales comme la prise de décision, le raisonnement, l’argumentation, l’autonomie, la collaboration, etc.
  • travailler de manière pluridisciplinaire ;
  • valoriser des compétences qui ne trouvent pas toujours leur place à l’école

Un guide « clés en main » pour l’enseignant

Des outils pour l’enseignant et l’élève

123codez_sitewebLe projet « 1, 2, 3… codez ! » s’articule autour d’un guide pédagogique, qui comporte :
3 progressions pour la classe (cycles 1, 2 et 3)
> Des activités débranchées et branchées pour faire de l’informatique avec ou sans ordinateur, robot, tablette…
> Des séances « clés en main », testées en classe, organisées en séquences thématiques pour chaque cycle
> Des fiches documentaires à photocopier
Des éclairages pédagogiques et scientifiques pour guider l’enseignant dans la mise en oeuvre du projet
Une bibliographie pour l’enseignant et pour l’élève
Le guide pédagogique est publié sous licence Creative Commons, permettant sa réutilisation dans un cadre non commercial. Il est accompagné d’un site web dédié www.123codez.fr proposant de nombreuses ressources en ligne (notamment les séquences pour la classe et des exercices d’application), et un espace d’échange destiné à accompagner les classes tout au long du projet.

Concrètement, que font les élèves ?

Quelques exemples…

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Accompagner l’introduction de l’informatique à l’école et au collège

De nombreux acteurs se mobilisent pour accompagner, avec des approches complémentaires, l’introduction de l’informatique à l’école et au collège.

La Fondation La main à la pâte, en plus de ce guide, propose aux enseignants et formateurs des formations en présentiel à la demande des rectorats et circonscriptions, et anime un site web collaboratif pour accompagner les enseignants (www.123codez.fr).

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Elle fait également partie du programme de formation innovant Class’Code qui a pour ambition de doter dès la rentrée 2016 les professionnels de l’éducation et de l’informatique des moyens d’initier les jeunes de 8 à 14 ans à la pensée informatique. Il comporte 5 modules en ligne (type MOOC) couplés à des temps de rencontre entre apprenants. Chaque module permet en une dizaine d’heures réparties sur 3 à 4 semaines, d’animer des premiers ateliers de découverte avec les jeunes : programmation créative, codage de l’information, robotique ludique et enjeux sociétaux liés. Créé en collaboration avec les équipes pédagogiques du guide « 1, 2, 3… codez », Class’Code le complète efficacement.

Vous pouvez découvrir le teaser du Module 1 en cours d’expérimentation :
https://openclassrooms.com/courses/decouvrir-la-programmation-creative

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Conclusion

Que vous soyez enseignant ou parent, ce livre peut vous intéresser si vous souhaitez participer activement à la mise en place de ce programme destiné à donner aux enfants de notre pays les compétences dont ils auront besoin dans le futur.

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Sources

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À propos François MOCQ

Électronicien d'origine, devenu informaticien, et passionné de nouvelles technologies, formateur en maintenance informatique puis en Réseau et Télécommunications. Dès son arrivée sur le marché, le potentiel offert par Raspberry Pi m’a enthousiasmé j'ai rapidement créé un blog dédié à ce nano-ordinateur (www.framboise314.fr) pour partager cette passion. .

7 réflexions au sujet de « « 1, 2, 3… codez ! » Un guide pédagogique pour enseigner la science informatique »

  1. S.POURRE

    Bonjour,

    Je te parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître 😉
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_informatique_pour_tous

    On refait la même erreur en confondant le but et le chemin.
    Les enfants sont naturellement à l’aise avec l’emploi des NTIC car ils grandissent avec.
    Savoir utiliser un outil (mise en garde des dangers Internet par exemple) ne signifie pas être capable de créer ou programmer cet outil (sinon, on ne serait pas beaucoup à conduire une voiture).
    AMHA il faut mieux former les jeunes cerveaux (maternelle, CP voire CM) à la réflexion et à la culture qu’à l’aspect desséchant de la programmation. La vie ne se résume pas à un  » if … goto ».
    Déjà que 1/3 des élèves qui se présentent en 6 ème ne savent pas lire ou écrire couramment, il me semble plus urgent de s’attaquer à ce problème de fond qui signe l’échec de l’éducation nationale , des pédagogues et des ministres, tous bords politiques confondus, sur les 30 dernières années.

    Sylvain

    Répondre
    1. Patrick Le Roux

      Sauf que justement « if goto » , de nos jours, c’est interdit. depuis la programmation structurée: if then else, ou if () : else: ou if{..} else{ } l’ont remplacé (circa 1980?). La programmation objet, par message ou fonctionnelle depuis aussi rendent la chose passionnante et indispensable même pour une appli javascript sur une tablette. Donc je ne suis pas d’accord avec vous, la programmation n’est pas desséchante et au contraire peut amener à savoir réfléchir de façon structurée et récursive ( bien sur en PLUS du français et des maths). Elle peut aussi révéler à des gamins ‘culturellement’ défavorisés qu’ils ne sont pas plus bêtes qu’un autre. . D’ailleurs j’affirme n’avoir compris les maths qu’en école d’ingénieur (après Math sup Math spé) lorsque j’ai commencé à programmer (à l’époque c’était à ce niveau d’étude: CAB 500, IBM 360 sous Fortran/Cobol mais aussi Pascal).

      Répondre
  2. François MOCQ Auteur de l’article

    Bonjour Sylvain
    oh je me souviens : j ai commencé comme formateur en informatique en 1985 🙂
    j’ai alors hérité d’un réseau de MO5 pilotés par un PC et on voulait que je forme des techniciens là dessus ‘le plan informatique 😀 )
    il a fallu que je me batte pour obtenir des PC pour bosser dessus mais on m’avait obligé à prendre des Goupils (français) à part égale 🙁 …. comme il n’y en avait pas en entreprise, ils n’ont jamais servi et sont partis à la benne après quelques années…
    Pour ma part je pense que si l’apprentissage du code peut donner le virus à certains enfants ce sera très bien pour assurer la relève. Es autres auront au moins reçu le vernis qui leur servira peut-être à moins voir l’informatique comme de la « magie ».
    Mais bon, quand on voit que le ministère de l’éducation a signé avec Microsoft sans appel d’offre au mépris de toutes les lois en vigueur et des annonces sur le logiciel libre pour les collectivités on ne peut que pleurer… Contrairement à l’instit qui doit maintenant mettre en valeur les points positifs de l’enfant sans s’occuper de ce qui ne va pas (une conn… à mon avis), l’informatique est impitoyable et redoutablement binaire ! Soit ton programme répond au cahier des charges et fonctionne (1) soit c’est n’importe quoi et ça ne fonctionne pas (0).
    On peut remplacer par des lettres que ça ne change rien 🙂
    Pour ce qui est de la lecture et de l’écriture je ne peux qu’adhérer (comme on dit chez uhu) j’ai formé des niveaux BTS/DUT qui avaient du mal à écrire 3 lignes sans faire plus de 4 fautes tu parles d’une image de l’entreprise quand ils font une réponse à un cahier des charges ou un devis 🙁
    Et quand tu leur donnais une doc de 10 feuille à lire la réaction c’était « tout ça ! »
    t’imagines même pas ce que ça donne avec des docs en ligne de serveurs ou de firewall
    merci pour ton message
    à bientôt
    François

    Répondre
    1. Denis Brion

      Je profite de votre tirade, agrémentée de poncifs sur la vilaine éducation nationale laxiste

      (en quoi signaler que, malgré des notes déplorables, un cancre a quelques aspects positifs est il anti pédagogique/ une connerie -oui, c’est moins grossier de mettre **en toutes lettres **un terme qui est, malheureusement, dans le dictionnaire http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/connerie/18294 que de l’évoquer…).
      Dans tout café du commerce, on vous demanderait
      (a) -date, numéro-de citer la directive stupide, et
      (b) de justifier de son caractère stupide)

      pour vous signaler que, dans le texte de l’article, « la façon dont sont encodées les textes et images, » fait mauvais genre… sans que ce n’ait gêné la masse de vos lecteurs attentifs et enthousiastes.

      Je sais que je passe pour un nazi de la grammaire (et là, de plus, pour un sexiste), je sais aussi que notre grammaire est joyeusement massacrée (et que ça ne gêne personne, même pour des réponses à des appels d’offre si le contenu des offres est très disparate: manifestement, des compétences en logique sont prioritaires) mais ça gêne mon souci de cohérence

      Cdt

      Répondre
  3. vagniez josette

    Bonjour
    J’ai acheté ce livre et je l’ai mis en application avec mes petites filles de 7 et 5 ans. La méthode leur a beaucoup plus elles ont tout intégré tout de suite. Elles adorent scratch junior et l’ont maitrisé très vite
    La plus grande s’est essayé à scratch où là il faut savoir manier le clavier et la souris (contrairement à scratch junior qui est tactile donc ne fonctionne que sur tablette).
    J’apprécie ce livre qui m’a aidé pour la pédagogie n’étant pas enseignante.
    Et je pense m’en servir pour donner des cours d’initiation à la programmation pour les plus jeunes.
    Josette

    Répondre

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